Starwars : la chute du côté « obscure » de la Force

Starwars : la chute du côté « obscure » de la Force

proposition d’esquisse de réflexion sur la signification de la « chute »

comme illustration d’une tentative de cicatrisation processuelle sur un versant pervers pour éviter l’effondrement psychique

Précisions préalables

Avant toute chose, il convient de préciser que l’objectif de cet essai n’est pas de faire une psychanalyse appliquée à l’œuvre ou une succession d’interprétations pseudo-psychologiques, ce qui réduirait considérablement la portée de la création et de la réflexion tout en induisant le lecteur dans une fausse voie au moyen d’une interprétation erronée de ce qu’est l’analyse psychologique d’un phénomène. En effet, même si Sigmund FREUD a initié lui-même dès le début du Xxème siècle l’analyse psychologique des œuvres de grands auteurs les avancées dans le domaine de l’analyse des œuvres impliquent une complexification qui ne s’accorde pas à quelques liens ou à un placage théorique qui n’aurait de toute façon que l’effet de redorer le blason de son auteur sans toutefois faire avancer réellement la recherche et la compréhension sur ce point.

Par ailleurs, nous pourrions également nous voir répondre tout à fait légitimement qu’en l’absence de toute confirmation psycho-biographique, ceci ne constitue qu’un indice de la manière dont l’observateur est l’analysé de l’œuvre…

Nous proposerons donc plutôt une piste d’exploration du sens inconscient que peut prendre « la chute » dans le cours de la vie psychique à travers notamment le roman filmographique contemporain de Star wars créé par Georges LUCAS.

Le principe directeur de cet essai renvoie à l’idée selon laquelle le mythe Starwars « créé » par l’auteur-réalisateur et producteur Georges LUCAS, constitue une métaphorisation du fonctionnement psychique « multidimensionnel » et polymorphique, et de l’expérience psychique qui est par essence pluripulsionnelle et plurisensorielle, en même temps qu’il met en scène et en forme des opérations psychiques de bases de l’activité représentative dont il vient illustrer les limites et les failles. Regarder Star wars c’est alors être immergé au sein d’une mise en image dynamique permettant d’observer une représentation plastique et cinétique de processus psychiques ainsi « faits-chose » et pour ainsi dire matérialisés sur l’écran. C’est ainsi que les choses se trouvent inscrites dans une forme de figuration scénique de mouvements somato-psychiques (Anne BRUN).

En somme, nous pourrions avancer l’idée selon laquelle l’ensemble de la filmographie Star wars, et sous certains aspects, son univers étendu auquel il est possible d’avoir accès à travers la bande dessinée ou au moyen des jeux vidéo, illustre tout à fait la dimension artistique de l’univers en question. A travers l’univers Star wars vient se figurer de manière scénarisée et à l’insu de son auteur, un processus psychique inconscient qui se loge dans la matérialité même de la mise en scène, ses préparatifs et ses détails avant de s’incarner dans le jeu de scène des acteurs.

Naturellement, il n’y a rien de révolutionnaire, ni dans cette démarche d’interprétation de contenu, ni encore dans ce qui est avancé du côté des artistes puisque ces derniers ont depuis tous temps, et bien avant Georges LUCAS eu l’intuition des modalités de fonctionnement psychisme. Déjà les compositeurs et les créateurs comme les poètes ont compris les fonctions que revêtaient les lapsus, les actes manqués ou encore le rôle des didascalies… C’est ainsi qu’il s’en servirent afin de transmettre un sens caché et le faire se communiquer aux spectateurs ou aux lecteurs. Cependant, nous pouvons tout de même repérer que de tels projets d’analyse de certaines oeuvres se concentrent tout d’abord plutôt sur des oeuvres littéraires ou au mieux sur la peinture. Ensuite, nous pouvons remarquer que les oeuvres reconnues et les plus étudiées par les penseurs de langue française sont plus souvent également des oeuvres d’origine française telles que les oeuvres des philosophes des lumières, les textes des écrivains classiques et les créations des peintres de renommée (Henri MICHAUX, Salvator DALI, Pablo PICASSO, Léonard DE VINCI, Francis BACON…). Loin des classiques, ce travail présente donc l’originalité de proposer une exploration d’un mythe beaucoup plus récent que ceux habituellement mais également de sources anglo-saxones même si bien sur les schémas sous-jacents sont tout à fait inspiré de ce que l’Histoire nous a légué jusque là.

Introduction

Je m’intéresse à l’univers de la saga Star wars en tant qu’objet de recherche, à partir du « matériel » brut que nous offre cette œuvre et de la manière où nous pouvons rencontrer cette configuration psychique dans notre quotidien ou dans le travail de thérapeute.

Ceci nous amène à nous pencher à la fois sur ce que nous voyons dans ces films, ce qui se joue, ce qui se figure et se met en scène, mais aussi dans ce qui ressort du discours et de la parole des personnages à travers le jeu des acteurs, et plus particulièrement ce qui relève de leur échanges durant les phases des dialogues ou parfois durant les phases d’actions.

Nous pouvons partir du postulat que l’ensemble de ces éléments constituent des représentants de la pensée de l’auteur, comme au théâtre, un auteur fait dire sa pensée par l’intermédiaire de l’un des personnage de la pièce en recourant par exemple au principe de l’aparté.

Certains indices nous laissent en effet penser que Georges LUCAS, l’auteur de cette saga, n’est pas totalement opposé à l’idée que son œuvre parle d’autre chose que d’un simple « conte moderne ». Et qui plus est un conte qui sans doute lui est familier au point de se mettre en scène lui-même dans le film comem le fond d’autres auteurs tels que James CAMERON (il est l’un des personnages proches de Palpatine lorsque celui-ci siège au sénat galactique). Georges LUCAS s’est inspiré de la mythologie dans son ensemble pour créer sa saga à partir de ce qui nous semble universel. C’est ainsi une sorte de théorie de synthèse que nous propose Georges LUCAS à partir de ce qu’il a réussit à s’approprier dans l’ensemble de son parcours.

La saga Star wars dispose d’un socle religieux dont nous retrouvons les traces dans les propos de Georges LUCAS lui-même. En effet, ce dernier parle parfois de « la Force » comme s’il s’agissait au fond d’une conception philosophique voire religieuse, externalisée et généralisée dans ses films. Il pourrait même s’agir d’une des premières formes de religion ou de croyance sans frontières et sans matérialisation effective dans la « réalité » autre que celle du film en tournage. En effet, cet auteur s’est par exemple plusieurs fois prononcé pour parler de ce qu’il nomme le « côté obscure de la force dans le quotidien ». Lors des interviews qu’il a accepté, Georges LUCAS explique qu’on peut tenir à quelqu’un (on peut l’aimer), notamment de manière désintéressée comme le font les Jedis, mais qu’on ne peut pas posséder l’autre (le tenir sous emprise pour ne pas le perdre) comme ce que nous observons à travers la possessivité et la passion des Siths qui ne renoncent jamais à leur désirs d’emprise.

Star wars, psychologie et processus psychiques

La psychologie nous permet de comprendre certains aspects particulièrement intéressants.

En effet, nous savons combien très tôt dans la vie psychique de l’homme se manifestent des enjeux tout à fait fondamentaux notamment le besoin de s’assurer de notre contrôle sur les objets. Notre appareil psychique ne peut en effet intégrer une expérience que si d’abord celle-ci est immobilisée, maîtrisée et pour ainsi dire préparés à entrer et faire corps avec nous. Sur le même mode que le nourrissage qui constitue l’expérience prototypique de la vie du bébé, nous avons besoin que l’on nous prépare à digérer en nous donnant les couverts, ou les contenants adéquates, à bonne température, et avec une matière qui soit suffisamment molle pour être ingurgitée sans être étouffante, brulante ou trop complexe. Sur le même principe que l’introduction de la nourriture qui est de plus en plus solide et complexe, nous avons besoin au départ que les choses nous soient « pré-digérées » ou pré-mâchées et donc Pré-parer. Il existe donc une dimension de protection dans le fait de se faire s’occuper de soi. Le tryptique main-oeil-bouche que Alain FERRANT nomme « l’appareil d’emprise » (Alain FERRANT : emprise et pulsion d’emprise) constitue un des processus-clé puisque c’est à ce moment-là que l’enfant apprend à observer son environnement et à saisir un objet avant de le « goûter ». C’est sur ce point qu’il fait la différence entre ce qui se mange et qui est mou, tiède et bon, et ce qui ne se mange pas et qui est dure, froid et mauvais.

Par ailleurs, la psychologie nous apprend que jusqu’à une certaine époque de la vie, les autres, les objets extérieurs sont perçus comme tels c’est-à-dire comme une entité de matière perceptive mais sans être pour autant encore conçu ou pensée tout à fait comme extérieur à soi : les autres sont des objets intérieurs qui échappent à notre contrôle omnipotent. La limite entre ce qui est à Soi et ce qui n’est pas à soi, la frontière entre le dedans de soi et de dehors résulte d’une construction. Ce n’est que depuis notre consience c’est-à-dire entre le dedans et le dehors que nous avons connaissance d’une limite entre ce qui relève de notre identité et ce qui concerne le reste du monde. Face à cette expérience blessante de constat que le monde n’est pas soi, que l’autre n’est pas un double de soi ou une simple extension de notre pensée magique ou encore un instrument à utiliser comme une poupée, nous éprouvons le besoin de nous assurer d’une certaine forme de « main mise » de base ou une emprise normale afin de rendre l’expérience suffisamment saisissable et prévisible. La main que nous tendons pour serrer l’objet et plus tard la souris que nous manipulons devant notre écran constitue ainsi une forme de prolongement de la « main psychique ». Sans cette prise préalable l’expérience ne peut pas être intégrée dans notre psychisme et une certaine Dans certains cas de souffrance intense le sujet peut ne pas supporter l’écart qu’il constate entre l’exigence de son désir et l’existence de l’autre comme alter-ego également sujet de désirs qui ne sont pas forcément les siens. C’est ici que s’instaure le terreau des futurs tendances à l’emprise de l’autre et sur l’autre.

Ce détour par la psychologie nous permet de poser déjà les jalons d’une compréhension de la manière dont le roman Star wars est une histoire sur la manière dont les uns et les autres des personnages gèrent se rapport à la réalité.

Pour terminer cette introduction il nous semble important de relever que notre analyse présente des originalités qui la distinguent des autres propositions de reflexion sur le mythe Star wars. En effet, les recherches nous ont permis d’apprendre un certain nombre de renseignements sur cet univers. Certaines analyses ont par exemple particulièrement insisté sur un niveau traditionnellement oedipien. Les écrits mettent ainsi en avant notamment le caractère oedipien de la quête du jeune Luke Skywalker ou encore récemment nous avons appris que Anakin Skywalker, le futur Darth Vader (Dark Vador en francais), serait un individu présentant une personnalité de type « limite » voire borderline avec des mécanismes d’adaptation de forme caractériel. Si toutes ces analyses sont intéressantes il semble important de proposer un niveau de compréhension complémentaire ou plutôt transversale qui nous permet de voire chez Anakin Skywalker plutôt une organisation complexe sur un versant limite avec une angoisse massive de séparation et d’abandon dans une position omnipotente et mégalomaniaque.

Nous aborderons donc dans une première partie la découverte de l’Univers Star wars en commençant par donner quelques éléments de compréhension. Puis, dans une deuxième partie nous nous pencherons sur les processus psychiques illustrés dans Star wars. Enfin, dans une troisième et dernière partie nous amorcerons un début d’analyse du déroulement processuel de la chute dans le côté obscure de la Force à partir de l’exemple de Anakin Skywalker.

PREMIÈRE PARTIE :

DECOUVERTE DE L’UNIVERS STAR WARS

Penchons nous sur une réflexion concernant la manière dont se dit l’histoire durant les films, c’est-à-dire à travers la manière dont l’histoire de Star wars est racontée à travers les personnages du film.

La Force : approche dichotomique ou la naissance du mythe par le clivage

Les deux côtés de la Force peuvent être rapprochés d’une forme de rapport singulier avec ce que la psychologie nous a appris en ce qui concerne le processus hallucinatoire et son rôle majeur dans la construction de la réalite psychique. Le côté clair comme le côté obscure sont des réponses différentes à ce qui se passe dans la tête du sujet au moment où il commence à pouvoir réaliser au dehors ce qu’il souhaite réaliser intérieurement en manipulant ainsi la matière invisible et impalpable de la Force.

Le côté lumineux de la Force :

construction, réparation, interiorisation, désaffection et maîtrise

Le côté lumineux ou clair de la Force représente la partie « organisatrice » et « civilisatrice » de la Force qui tend à construire, developper la vie et à intégrer une complexité croissante de phénomènes sous une même unité. Nous pourrions y voir naturellement une sorte de représentant de ce que nous appelons avec Sigmund FREUD les Pulsions de vie. Mais il s’agit ici d’une version idéalisée de l’équilibre et de l’harmonie. La Force est ainsi dans cette version unificatrice, liante. Elle tente d’intégrer, de s’étendre, de se développer et de veiller à une forme de compromis harmonieux. En somme, il pourrait s’agir également d’une forme externalisée pour l’auteur, et donc pour le spectateur, de la délicate tâche du Moi que Sigmund FREUD nous explique qu’elle consiste à veiller assurer une forme de continuité d’être et d’intégration de la conflictualité.

Le côté lumineux de la Force est incarné et porté également par l’idéal du « Bien » que l’on peut entendre comme une recherche de plénitude à la fois intérieure et extérieure en harmonie avec l’environnement et la Force. Dans son apogée, la côté lumineux tend à constituer une sorte de nirvana qui conduit certains Jedis à une position de contemplation d’un point de vue méta par rapport aux événements de la vie et de l’Univers. C’est ce qui conduit les plus vieux et sages Jedis à proner une philosophie non-interventionniste, y compris jusqu’à se trouver couper totalement des problèmes du communs des mortels.

Le côté lumineux de la Force est « utilisé » par les Jedis qui sont organisés en différents statuts : Novice (apprentissage en groupe), Apprenti Padawan (apprentissage de type compagnonnage avec un maître comme tuteur), Jedi (seul Luke Skywalker le fut car il s’agit d’un Jedi qui n’a pas passé les épreuves), chevalier Jedi (Jedi ayant passé les épreuves), Maître Jedi. (Certaines variantes existent par exemple entre les Jedis dit « sentinels » qui préfèrent le maniement du sabre laser et les Jedis dits « consulaires » qui préfèrent l’utilisation de la Force).

Les Jedis suivent une philosophie de vie de type monacale mais ouverte sur le monde. Cette norme de conduite est basée sur l’altruisme, l’aide et le service des autres, la méditation et l’acquisition de connaissances en vue de protéger les plus faibles et de maintenir la paix. Dans cette conception, l’autre est d’abord mis en avant et le bénéfice secondaire de cette position en terme de revalorisation narcissique est refoulé et rationnalisé par le respect au code de cette doctrine. La position est d’abord une position d’empathie et de partage qui permet de « lire » l’autre en soi. Le rapport qu’un Jedi entretient avec le savoir et donc avec le pouvoir est de type dissocié. En effet, le Jedi apprend sans vraiment rechercher le savoir. Le savoir n’est pas synonyme de pouvoir car il part du principe que le pouvoir que lui procure le savoir ne doit pas être utilisé à des fins personnelles.

Leur position est celle d’une passivation/passivité comtemplative devant les événements que le Jedi apprend à approcher de manière méta. Nous pourrions voire notamment dans la position du côté clair de la Force une sorte de recherche d’une position maternelle, en creux, en résonnance avec une forme de proximité psychique avec l’autre pour mieux l’aider.

Les Jedis présentent par ailleurs un rapport de type fusionnel avec les objets tout en reconnaissant une forme d’altérite. Les Jedis recherchent une connaissance du dedans à travers la symbiose avec la Force en la laissant s’insinuer en eux, en faisant le vide, et en l’écoutant parler à travers eux. Selon cette conception, la Force est « une alliée » qu’il convient d’écouter et dont il faudrait respecter la « volonté ». Le jedi consiédère donc qu’il est un « serviteur de la volonté de la Force ». Il pourrait s’agir ici d’une forme de représentance d’une acceptation d’un flou de l’origine : le Jedi se laissant imprégner et se fiant à ses intuitions. Il se focalise sur l’instant présent, dans le ici et maintenant et écoute la force « parler » en lui.

Les principes de bases des Jedis sont la bienveillance, l’assistance et la préservation/protection ainsi que le respect de la volonté de l’autre. Les émotions vives sont proscrites telles que la haine, la colère et la peur qui sont considérées comme liées au Côté Obscure. Ses adeptes défendent la paix et maintiennent l’équilibre de la Force dans la galaxie. Tout le système d’éducation des Jedis vise à élever les individus dans le renoncement et la réalisation des choses pour des tiers, et non pas pour son compte personnel. L’enseignement Jedi consiste également à développer la capacité de contenance et d’auto-réflexion à la base de l’empathie (ressentir en soi l’autre).

Par ailleurs, la possession étant liées à la convoitise et donc à l’envie comme terreau du côté obscure les Jedis ont etablis des règles suite aux grands chiismes de l’ordre.

L’une des conséquences de la prise de conscience du risque du côté obscure conduit les Jedis à interdire l’attachement aux biens comme aux personnes. C’est ainsi que le lien amoureux et la relation charnelle est interdite comme le mariage. Tout ce qui lie le Jedi à un autre être à travers un rapport qui devient potentiellement charnel est prohibé. De même, la possession d’objet est interdite ce qui implique un mode de vie des plus modestes voire monacales. Le Jedi tire son expérience d’une vie de renoncement et de ramassement qui impose une discipline au plus près de ce que l’intuition apporte.

Les principes de base de la vie du Jedi sont liés à un code dont voici les précepts :

Il n´y a pas d´émotion, il y a la paix

Il n´y a pas de passion, il y a la sérénité

Il n´y a pas de chaos, il y a l´harmonie

Il n´y a pas de mort

Il y a la force

Formulé ainsi sous forme dénégative, le code introduit une forme de schéma de base axé sur la négation de ce qui fonde ces règles c’est-à-dire une négation du caractère humain et nécessairement animal de l’homme. Mais nous pouvons également voire dans la formulation des règles une reconnaissance déguisée du contenu nié. Ainsi en déclarant par exemple qu’il n’y a pas d’émotion il y a la paix le code Jedi reconnait les émotions et leur nature tout en opérant une transfiguration du sens.

Cependant, certaines interpretations ont permis de tempérer cette représentation idéale car il ne s’agit pas d’une forme radicale. En effet, pour un Jedi, il n’est pas « interdit » d’éprouver des émotions mais il est recommandé de les intégrer pacifiquement. Par exemple, Obi Wan Kenobi a eu une relation amoureuse à laquelle il a finit par renoncer pour se consacrer aux Jedis. Dès son plus jeune age un Jedi est éduqué à canaliser ses ressentis et à faire la paix en lui. L’enseignement Jedi vise à renforcer le moi du jeune apprenti en lui apprenant à canaliser son attention pour maîtriser la force de ses émotions. C’est donc contre la violence de l’affect brut que s’inscrit le savoir Jedi.

Outre ce code, les Jedis se plient à une certaine conduite.

Les Jedis disposent d’une organisation appelée « l’Ordre  Jedi » disposant d’une instance de décision appelée, le Conseil des Jedis au sein duquel siège des Maîtres Jedis qui sont des Jedis consulaires, les plus sages et les plus expérimentés de l’ordre.

Les Lois de l’ordre Jedi renvoient à une tentative d’endiguement du flux pulsionnel en renforçant la maitrise des affects. La notion même d’ « ordre » comporte une marque de l’analité.

C’est la Loi de la communauté des Jedis qui assure leur survie.

Leur mode d’organisation et de délibération est groupale et « démocratique » bien qu’il existe une hiérarchie au sein de l’ordre Jedi. En effet, les décisions finales sont entérinées par un Maitre de l’ordre ou un couple de grands maîtres (Yoda et Mace Windu) qui font autorités mais tout en faisant la synthèse entre les points de vue. La groupalité est privilégiée.

La structure de l’ordre Jedi, sa philosophie, ainsi que le mode de transmission du savoir intègre une dimension générationnelle :

Le début de l’aventure pour un futur Jedi commence par une rencontre avec un Maître. Cette rencontre se fait en générale de manière unilatérale dans la mesure où il s’agit d’un maître qui découvre un enfant à fort potentiel. En effet, au cours de voyage ou en raison d’une rencontre fortuite, un Jedi repère un petit enfant ayant une certaine affinité, ou une sensibilité avec la Force. Une fois amené au temple Jedi, le « potentiel » est « éprouvé » par le conseil des Jedis qui décide de former ou non le jeune enfant. Dans le cas où le conseil statue favorablement, l’enfant est confié à un formateur qui a généralement le grade de « Maitre Jedi ».

Le Maître Jedi va alors former pendant de nombreuses années son apprenti que les Jedis nomme « Apprenti Padawan » selon un style proche du compagnonnage et à travers un lien de filiation visant à terme à l’autonomie du formé malgré la préservation d’un lien particulier envers l’ancien « Maitre-formateur » (Obi Wan Kenobi fut le Padawan de Yoda). Ce lien peut aller jusqu’à ressentir la douleur, la souffrance ou la mort de l’autre même à grande distance (cf. Star wars Kotor 2).

La formation intègre également, en général, un principe d’une formation en miroir avec une position du côté de la différence des sexes à savoir que le maitre et son apprenti son souvent de même sexe.

La formation de Jedi est longue et très éprouvante tant psychiquement que physiquement. Elle est basée sur le renoncement et l’acceptation de la frustration en échange d’un gain de connaissance et de pouvoir.

Outre des enseignements théoriques et historiques, la formation des Jedis est composée de divers ateliers, des mises en situation, la réalisation de missions sous le contrôle d’un maître Jedi, ainsi qu’une épreuve finale aux termes de laquelle l’Apprenti Padawan (Padawan Apprentice) devient Chevalier Jedi (Jedi Knight).

Cet apprentissage similaire à un compagnonnage vise au développement des capacités personnelles du futur Jedi dans le respect de l’institution séculaire et toujours dans le respect du code.

Une fois chevalier Jedi, le Jedi va poursuivre sa formation par l’expérience avant de devenir à son tour Maitre Jedi et de former alors un jeune apprenti.

Les Jedis refusent de former des enfants trop âgés en raison du risque de la tentation du côté obscure. Le lien de filiation dans l’art Jedi est toutefois particulier puisque le repérage d’un enfant sensible à la Force conduit à sa prise en charge et son isolement et son éloignement de famille d’origine à laquelle l’ordre Jedi se substitue pour l’enfant. Cette séparation et cette ré affiliation à comme principale origine la crainte d’un trop de rapproché entre l’enfant et la Force au point qu’il devienne incontrôlable et sombre dans le côté obscure. Les Jedis craignent, tout en la respectant, la Force dont ils redoutent le mésusage. L’ordre Jedi a donc une fonction de tiers séparateur et d’éducateur.

En guise de lecture plus clinique, nous pouvons repérer :

– une relation à l’objet « Force » de type fusionnelle avec des enjeux de pénétration (laisser la Force s’insinuer en Soi et lire à travers l’autre) et un fantasme sous-jacent de retour à l’origine (ne faire plus qu’un avec le Force qui a tout créé).

– une position psychique basée sur l’acceptation d’une limite intérieure/extérieure et moi/non-moi reconnue mais perméable : respect de l’autre mais sensibilité à ce qu’il vit, par échoisation en soi (« Lire en toi nous pouvons »).

– la prédominance d’une forme particulière de schème : les schèmes d’enveloppe. Il s’agit de s’accommoder/contenir/protéger/envelopper.

– une soumission à une Loi structurante et partagée.

Le côté obscure de la Force :

destruction, aliénation, avidité, extériorisation et emprise

Le côté obscure de la Force se definit tantôt comme l’autre versant de la Force dans la saga Star wars tantôt comme la manière dont l’utilisateur se positionne lorsqu’il a recours à cette entité abstraite dans son rapport au monde.

Comprendre le côté obscure de la Force suppose de faire deux constats fondateurs d’une pensée complexe de ce que signifie « côte obscure ».

Le premier constat

Le « Darkside » présente une particularité en lien avec sa nature : il paradoxe celui qui le côtoie au point d’amener les personnes qui tentent de le penser à effectuer un clivage qui traduit alors dans la pensée les mécanismes sous-jacents à la philosophie de ses fervents défenseurs.

Le premier mouvement est celui d’une condamnation et de rejet spontanée de ce côté de la Force immédiatement associé à l’immoralité et la bestialité. Cette réaction de nature presque religieuse porte les traces d’une opération de négation ou de refus de voir dans cette philosophie une nécessaire dimension humaine que notre éducation nous a appris à tenir à distance.

Le deuxième mouvement est celui de la fascination et de la relativisation. Cette mouvance consiste à accepter ce versant de la Force sous prétexte que l’on peut en expliquer les logiques. C’est ainsi que nous finissons par éprouver une sorte de fascination compatissante.

Le côté obscure de la Force, sa philosophie, ce que l’on en sait et ce que nous pouvons en comprendre induit donc un processus que nous retrouvons également dans sa doctrine : ses adeptes sont passionnés et particulièrement virulents vis à vis de la position du côté clair. La raison du ressentiment des siths à l’encontre de l’ordre Jedi est lié à la réaction des Jedis vis-à-vis des premiers siths. En effet, à l’origine il n’y avait que des Jedis. Seuls certains d’entre eux se détournèrent des enseignements conventionnels pour parcourir un chemin différent. Le problème inhérent aux Jedis noirs nouvellement présent dans la galaxie fut bien entendu leur tendance à externaliser leur conflits intérieurs et à vouloir conquérir de nouveaux territoires.

Le deuxième constat

Il n’est pas possible de parler du côté obscure sans parler d’abord du côté lumineux de la Force. Ce qui est une des raisons pour lesquelles nous avons procédé ainsi dans cet article.

A l’origine de l’univers Star wars personne n’avait connaissance de la Force et celle-ci se déployait de manière exponentielle à travers la création de la vie qui lui permettait son développement dans l’Univers.

Seul une race très avancée et à l’origine de la création de beaucoup de celles qui peuplent l’univers, Les Rakkatas, eu progressivement connaissance de la Force. La connaissance de la Force des Rakkatas était telle qu’ils finirent par réussir à la manipuler pour l’intégrer au fonctionnement d’un moteur spatial, l’hyper-drive, permettant d’effectuer les voyages spatiaux : ce fut le début de l’Empire infini. La Force a donc été instrumentalisée pour le besoin des déplacements spatiaux. C’est à partir de ce moment là que le côté obscure a été « créé ». En effet, la Force a la propriété d’épouser la nature de l’environnement qui la contient. Parce que les Rakkatas ont utilisé la Force comme un objet celle s’est comportée comme un objet, semant ainsi les graines du principe du côté obscure. La « corruption » de la Force par les Rakkatas a ainsi permis de créer une sorte de dénaturation au sein de la Force qui était jusqu’alors pour ainsi dire « inaccessible » et « neutre ». Le côté obscure de la Force a ainsi été « créé » parce qu’une entité biologique doué de raison a fait plier la Force à sa volonté. Ensuite, comme nous l’avons vu précédemment au sujet de l’ordre Jedi, le côté obscure est à l’origine de certaines règles qui ont été très tôt imposées à tous les Jedis. En effet, les premiers Jedis qui ont sombrés dans le côté obscure l’ont fait par amour ou du moins du fait de leur émotions.

De manière objective nous pouvons comprendre le côté obscure de la Force comme une tendance à l’affirmation exagerée de soi ainsi qu’une forme d’extension frénétique du Moi qui a pour conséquence à travers une soif de pouvoir. Le côté obscure conduit à un certain nombre d’actions classées parmis ce que nous nommons le « Mal ». Cette qualification renvoie au rapport que les tenants du côté obscure entretiennent avec le savoir et le pouvoir. Nous pouvons entendre cette position du côté obscure comme une recherche de puissance sans limites traduisant une position régressive et immature. Le côté obscure n’est cependant pas le mal incarné ni même simplement plus immature que le côté lumineux. Nous pouvons plutôt l’entendre comme une position différente qui repose davantage sur l’externalisation de la conflictualité plutot que sa négation ainsi que sur la projection du chaos intérieur avec des enjeux de maîtrise de l’environnement. Ainsi, sans nier le danger lié au côté obscure ni vouloir banaliser ce que cela conduit à faire avec ce versant de la Force nous pouvons remarquer que si le côté lumineux est dans sa forme absolue une position de retrait dans la desaffection, le côté obscure constitue une fuite en avant dans l’exaltation.

Le côté obscure de la Force ou si l’on préfère l’utilisation obscure de la Force concerne les Jedis noirs ou les Jedis déchus qui ont succombés à la soif de pouvoir, et par les seigneurs siths qui constituent un type de personnage qui ont été formé dès la départ dans les précepts du savoir obscure. En ce sens il convient de distinguer les Jedis noirs qui ont succombé au côté obscure et les siths qui ont été depuis toujours élevés dans la philosophie propre au côte obscure et qui pour certains ne sont pas sans foi ni lois.

Exeption faite des « Vrais » sith dont la présentation nécessiterait un bien trop long développement, les siths et Jedis noirs (Jedis déchus) suivent une philosphie de vie basée sur l’égoïsme/l’égocentrisme, l’utilisation des autres pour leur compte personnel et leur asservissement en vue de favoriser la survie du plus fort. Ce qui importe c’est avant tout l’affirmation de la puissance du désir de l’utilisateur de la force, qui ne cesse de rechercher plus de pouvoirs. L’adepte du côté obscure représente la part mortifère de soi pris dans une avidité sans fin et une soif de l’autre dont il s’abreuve et se nourrit pour le vider de son essence vitale. Plus les émotions négatives sont présentes, plus le chaos est important plus son pouvoir grandi. Le sith est à la source du conflit et à l’autre extrémité puisque cela tend à le renforcer pour lui même. Le partisan du côté obscure de la Force veille à dispenser une logique de survie caractéristique de la Loi de la nature ou seul le plus fort doit survivre.

La position sith est celle d’une activité/action effrénée dans la provocation des événements qu’ils apprennent à provoquer et à manipuler en vue d’accumuler davantage de pouvoir.

Les Siths et les Jedis noirs recherchent le pouvoir absolu à travers le contrôle de la Force qu’ils utilisent davantage pour exploiter les faiblesses des autres. Selon cette conception, la Force est « un vassal » ou un instrument qu’il convient de dompter et de maitriser en la soumettant à la puissance de la volonté. En ce sens, leur conception de la Force est un représentant du rapport que le sujet entretient avec le monde : l’altérité est ici tolérée uniquement dans la mesure où l’autre peut être utile ou servir le sith. Il y a donc une réduction de l’autre à un pure rapport instrumental.

La métaphore est celle de l’araignée qui tisse sa toile et qui en mordant sa proie, lui injecte une enzyme qui dissout les tissus et les organes de l’intérieur.

Les Siths représentent la partie « désorganisatrice » et « sauvage » de la Force : c’est la Loi de la nature qui assure leur survie. Certains y voient la partie non civilisée du côté lumineux de la Force, c’est à dire sa tendance « brute » du côté d’une manifestation du « ça » qui cherche à faire plier la réalité à la force de ses désirs.

Il s’agit d’une forme de représentation du pôle instinctuel et pulsionnel du ça travaillant pour le compte de la pulsion de Mort.

Leur position est celle d’une activité passionnée et frénétique face aux événements qu’ils apprennent à convoquer.

Ce qui importe c’est l’aventure, l’excitation, la sensation et les émotions des autres, notamment les émotions négatives dont ils s’abreuvent pour renforcer leur pouvoir. Car le Sith cherche plus que tout la jouissance et le pouvoir. C’est pour cela que les émotions et notamment les émotions agressives sont encouragées et que l’agression est très valorisée.

Dans des temps reculés les siths ont eu une organisation en double de celle des Jedis. Un Empire était érigé sous la domination d’un empereur sith et au moyen d’un système hierarchique très strict ressemblant à un régime militaire et totalitaire. Les Siths se distinguaient entre les Accolytes siths, les siths, les seigneurs siths, les maîtres siths et les seigneurs noirs (Dark). Cependant, l’une des propriétés du côté obscure est le processus de retournement. Ceci conduit les siths à se retourner inévitablement les uns contre les autres ce qui a mené à l’auto-destruction de l’empire et des tribus siths qui se divisèrent. Par ailleurs, les siths ne sont pas des monstres sans reflexion puisque en parallèle du constat de la nécessité d’éviter que ce processus de retournement du côté obscure ne détruise définivement les siths certains d’entre eux comme Dark Bane comprirent que la multiplication des adeptes du côté obscure avait pour effet une baisse de la capacité de chaque membre de recourir à la Force. Ce qui laisse supposer que la Force n’est pas une entité sans limite mais qu’elle se ditribue entre tous les sujets qui y sont sensibles. A partir de là, l’organisation du système sith effectua une réduction au système auquel est fait référence dans les écrits et dans les jeux video traitant de l’ancienne république. Leur mode d’organisation et de délibération est alors non plus lié à l’analyse puis à la décision du conseil noir en tant qu’instance double du conseil Jedi, mais à travers une décision individuelle et centralisée par un seul homme, le Maitre appelé « Seigneur Noir », qui agit uniquement en fonction de ses désirs et de ses projets de conquête. L’effondrement de l’ancien Empire sith suite à la guerre avec la république galactique a donc conduit à une désorganisation de la structure de l’Empire et à la disparition de l’ensemble de son effectif.

Bien qu’il existe une hiérarchie de type générationnelle chez les Siths, de tous temps, la transmission a pris définitivement une forme duelle du maitre à l’élève. La formation au côté obscure repose d’emblée sur le principe que le Maitre détient le pouvoir et la puissance et que l’élève, qui est son bras armé, souhaite le tuer pour prendre sa place et ainsi perpétrer une lignée plus puissante (ce qui se produit la plupart du temps). Le Maitre pourra dans certains cas remplacer son élève s’il trouve plus puissant que ce dernier. La groupalité est souvent absente : la relation est de type duelle Maitre/élève sans triangulation possible. L’envie, la haine et l’asservissement sont au centre de la relation qui s’accommode plus d’un schéma de type commandant-executant ou soumettant-soumis que le modèle des Jedis qui, même s’il repose sur une relation duelle, fait une place plus importante à la groupalite. De plus, l’ascension d’un apprenti au rang de Jedi n’implique pas le meurtre systématique de son maître contrairement à la logique sith qui passe nécessairement par le meurtre réel du plus faible des deux.

Un cas particulier existe lorsqu’un Jedi tue son Maitre. Il réalise pour de vrai le une forme de réalisation effective d’un fantasme de meurte sous le forme d’un processus dit « d’hallucination perceptive ». Mais en tuant l’autre pour de vrai , dans le réel, il échoue à la deuxième étape qui est « la survivance de l’objet ». Ainsi, la mort désirée de l’autre-Père provoquant une forme de collapsus topique auquel la seule solution trouvée est la soumission au désir d’un autre maitre, le Seigneur noir, qui instrumentalise et déshumanise mais qui légitime paradoxalement  le sujet et le prive de toute intentionnalité propre.

La première chose que fait un Jedi basculant du côté obscur, est  le changement de nom, comme pour gommer une identité qui a perdue ses racines.

Les principes de bases des Siths et des Jedis noirs sont la convoitise, l’envie, l’agressioz, l’abandon, la trahison la haine et la destruction.

La peur, la colère, la haine, l’agression et l’ambition sont considérés comme des émotions menant au Côté obscure de la Force et qu’il faut développer.

Les Siths sont des adeptes de la guerre et le contrôle par l’emprise et la peur.

L’enseignement Sith repose sur la douleur, et sur l’exaltation des émotions, la culture de la vengeance afin d’aiguiser la force de la volonté de réaliser ces souhaits.

Les adeptes du coté obscure ont comme seul objectif d’augmenter leurs connaissances et leurs pouvoirs pour, à terme, dominer leurs rivaux et pouvoir contrôler et diriger le monde selon leurs souhaits. Les pouvoirs du Côté obscure ne sont jamais utilisés pour les autres, dans le but de les secourir ou de les aider, mais toujours dans un intérêt personnel qui est pour l’apprenti sith la volonté de son maître. Le Côté ebscure présente également une tendance addictive : plus le sujet l’embrasse et plus le sujet accumule des connaissances et des pouvoirs, plus son emprise augmente et plus le sujet ressent le désir de resserrer les liens avec le Coté obscure et ses pouvoirs. Il existe cependant des Siths qui ont été, comme nous l’avons vu précédemment, des « sages » et qui ont été « théoriciens » de la nécessité de structurer cette position pour ne pas qu’elle s’auto-détruise.

Lorsqu’il finit par être totalement immergé dans le côté obscure, le sith finit par être littéralement aveuglé par sa passion et par ses propres mécanismes de projection à l’extérieur de son choas intérieur. Certains finissent par développer tout à fait une addiction à la vitalité des autres et deviennent ainsi des vampires de la Force qui s’abreuvent de l’essence vitale des autres.

Les adeptes du côté obscure considère leur vision comme plus « large » que la pensée restrictive et interdictrice des Jedis.

Contrairement à l’utilisation de la Force à travers une posture « lumineuse », le recours au côté obscure induit des effets somatiques : les Jedis qui penchent du côté obscure ont progressivement un teint qui devient blaffard voire clairement banchâtre, les veines qui apparaissent clairement ainsi qu’une coloration des yeux caractéritique de leur immersion dans le côté obscure. L’illustration se trouve dans Star wars épisode 3 au cours duquel les yeux de Anakin Skywalker se colorent de jaune autour de la pupille au fur et à mesure de son inflexion du côté obscure.

Malgré le caractère désorganisé de leur objectif, les Siths disposent d’un code des siths qui propose une lecture inverse des phénomènes de la vie :

la paix est un mensonge

il n’y a que la passion

la passion amene la force

la force le pouvoir

le pouvoir la victoire

la victoire brisera mes chaines

la force me librerera

Contrairement au Jedis, le sith ne suit pas d’autres codes de conduites : la fin justifie toujours les moyens. Cependant, sous l’Empire sith la voix de l’empereur était la seule à suivre.

De plus, outre une mise de côté de toute référence à une morale, la forme dénégative est beaucoup moins marquée que pour les Jedis. Il s’agit davantage d’affirmation laissant peu de place à la discussion. Ainsi le code sith propose moins une interprétation des événements qu’une suite logique d’affirmation non-équivoque.

En ce qui concerne la formation, nous pouvons remarquer que l’initiation du futur Sith par son maître repose non pas sur l’obéissance à un maitre-enseignant, représentant des principes partagée mais plutôt à un rapport de soumission exclusive et humiliante à l’autre à travers un rapport dominant/dominé. La torture et le sadisme sont au premier plan. Le sith joue avec l’autre comme un pantin ou comme un animal sauvage maltraitant une proie pour le plaisir de la souffrance. Il se délecte de voir l’autre souffrir et cherche à le faire agir à sa place. C’est en cela que nous pourrions remarquer à quel point la position Sith se rapproche d’une position perverse. Le sith se renforve au fur et à mesure que l’autre sur lequel il instaure son emprise souffre et se trouve paradoxé et obligé de lui obéir. En somme le sith cherche avant tout à affirmer sa volonté à l’autre jusqu’à totalement le contrôler.

Pendant un temps, les Siths ont constitué un miroir en négatifs de l’organisation des jedis puisque les premiers siths sont des Jédis déchus. Bien qu’il existe dans « l’univers étendu » de Star Wars des « vrais Siths », la structure Siths a véritablement acquis une maturité paradoxale à partir du moment où elle s’est émancipée du schéma organisateur de la pensée Jedi. C’est à partir de la règle « un maitre/un apprenti » que les Siths se sont différenciés du principe de groupalité des Jedis, marquant une orientation selon laquelle le tiers n’a pas ou peu sa place. Cette solution de réduction radicale du nombre d’individus Siths est venue en réponse au constat du caractère auto-destructeur des Siths qui passèrent beaucoup de temps à se battre entre eux. Mais elle figure également une forme de désaveu de la position de l’autre dans la structuration de la personnalité.

Les Siths se distinguent également des Jedis par leur style de combat, d’utilisation de la Force et de maniement du sabre laser dont ils peuvent parfois se passer. Le sabre laser et la Force sont utlisés pour agresser l’autre alors que les Jedis refusent de se battre sauf pour se défendre. Par ailleurs, un détail concerne la manière de tenir et de porter le sabre-laser. Les Jedis portent tous le sabre-laser à la ceinture et ils le présentent face à eux de manière évidente. Les siths portent le sabre-laser de manière dissimulée parfois comme Palpatine alias Dark Sidious qui porte le sien caché dans sa manche. Lorsqu’ils le manient, les siths peuvent porter le sabre-laser à l’envers tourné vers l’arrière comme Starkiller ou encore Dark Revan.

Certains styles de combat Siths incarnent également la logique désorganisatrice de cette pensée. Le ballet et la chorégraphie de leur style de combat peuvent représenter le type d’alternance et de dysrythmie dans la forme de combat avec des contrastes forts entre des moments de mouvements harmonieux et des moments de dysrythmie. C’est notamment le style de l’empâleur ou les techniques de combat basées sur une discordance dans les maniements. Le sith est imprévisible, sournois mais il porte le masque de l’individu socialement accepté, valorisé voire même admiré pour les hautes valeurs qu’il prétend défendre. Enfin, la sournoiserie est une méthode que les siths ont appris à intégrer pour des raisons historiques. Pendant, des siècles les siths ne se sont pas cachés et ont commencé à « grandir en nombre » parmis les Jedis. Puis, ils ont choisi de se cacher avant de revenir en force. Mais la chute de l’empire et l’éradiction des siths par les Jedis ont conduit les premiers à adopter des processus de dissimulation. Parmis ces pouvoirs les siths utilisent la dissimulation de Force pour masquer leur affinité à la Force et ainsi cacher aux autres, et notamment au Jedi, leur présence.

En guise de lecture plus clinique, nous pouvons repérer :

– Bien que les Jedis et les Siths aient un rapport de pénétration à l’autre (lire en l’autre, l’influencer…), les Sith privilégient une relation à l’objet « Force » et au monde de type interactionnelle avec des enjeux de maitrise des interactions (utiliser la force comme un vassal) et un fantasme sous-jacent de maitrise de la relation.

– une position psychique basée sur un clivage incomplet entre intérieure/extérieure. Le sith est souvent décoré par des prothèses qui viennent compenser les graves dommages qu’il a vécu (Comme Dark Malak, Dark Malgus ou Dark Vador).

– la prédominance d’une forme particulière de schème : les schèmes de transformation : il s’agit de d’assimiler/agresser/déplacer/détruire en tuant ou en vidant l’autre de son énergie vitale.

– une soumission à la Loi arbitraire et unilatérale du Maitre.

Que l’on se situe du côté clair ou du côté obscure, l’Amour est proscrit car il s’agit du point d’oscillation et de bascule entre les deux côtés. Les premiers siths sont apparus notamment autour d’une histoire d’Amour qui causa notamment une guerre. Par ailleurs, certains Jedis sont devenus siths également par Amour comme Anakin Skywalker. A l’inverse, certains siths sont revenus vers la lumière grace à une histoire d’Amour comme par exemple Starkiller.

L’affect est donc au centre de la problématique de la maturation d’un Jedi ou d’un sith.

A noter cependant que le Sith présente une particularité dans son cheminement. Il est avant tout le meilleur comédien qui soit et certainement un individu délaissé et objectalisé très tôt dans son histoire. La « poigne » comme pouvoir de la Force qu’il privilégie autant que la dissimulation de la Force, lui permette d’être toujours masqué et de réfléter aux autres une forme d’expression qui leurre sur ses véritables intentions.

DEUXIEME PARTIE :

LES PROCESSUS PSYCHIQUES ET LA FORCE

Cette partie présente une autre forme de développement qui s’attache à dépasser le clivage entre les deux côtés de la Force sans toutefois les confondre tout à fait. Intéressons nous à présent à la mise en formes et en images des fonctions et des enjeux psychiques de l’activité de pensée à travers les différents types de pouvoirs développés par les sujets nommés « Jedis », « Jedi Noirs » et « Seigneurs Siths ».

Ceci nous permettra de repérer classiquement les « fantasmes originaires » révélés par la métapsychologie psychanalytique, et qui sont des mises en images, et des mises en scène, d’une opération psychique élémentaire, c’est-à-dire d’un schème de base, d’après les travaux de Serge TISSERON schèmes qui constituent le « terreau » de tous les schèmes de pensée ultérieurs. Nous verrons également que la gestuelle propre à « l’art Jedi » ou la technique Sith, constitue en une gesticulation au sens d’un ballet visant la confrontation avec l’autre théâtralisée par un Jeu de corps.

Processus psychiques et pouvoirs de la Force

Les pouvoirs que les Jedis et les Siths développent, et de manière plus générale, les pouvoirs de la Force, conduisent à réaliser ce que l’on souhaite de manière quasi-magique (tendre la main pour attirer un objet à Soi..). Le futur Jedi/Sith apprend alors à réaliser ses souhaits.

Nous pouvons l’entendre comme une figuration ou une mise en scène des restes de l’activité animique infantile.

Les pouvoirs sont différenciés selon qu’ils représentent et constituent une acceptation de la séparation, du vide et une position défensive/protectrice de Soi et de l’autre (Côté clair), ou à l’inverse qu’ils représentent et constituent un refus de la séparation et une position d’agression/destruction de l’autre (Côté obscure).

Leur combinaison est parfois présentée de manière duelle/binaire.

– Ainsi, nous pouvons repérer le schème de transformation de base « rapprochement/séparation ». Celui-ci s’observe à travers le pouvoir « poussée de force » qui consiste à pousser l’objet et à l’éloigner ainsi de soi et à travers le pouvoir « attraction de force  » qui consiste à attirer l’objet à soi.

– Nous pouvons voire la prédominance des schèmes d’enveloppement de base chez les Jedis à travers le pouvoir « Protection de force » qui permet de diminuer les dégâts physiques, le pouvoir « Résistance à la force » qui consiste à diminuer les dégâts provoqués par la Force, ou encore le pouvoir « voile de force » qui permet de s’entourer d’une aura protectrice pour devenir invisible.

– Nous voyons la prégnance des schèmes de transformation chez les siths à travers les pouvoirs de type « éclair de force » qui consiste à lancer un éclair pour torturer, blesser ou tuer l’autre, le pouvoir de restructuration mentale qui permet de briser la volonté d’un individu afin de le manipuler ou encore le pouvoir « tempête de force » qui permet de créer une explosion phénoménale de force.

– Nous voyons la différence de position Jedi/sith entre le pouvoirs Jedis « regénérer la vie » ou « accélérer la guérison » qui permet de se guérir soi même avec le temps en laissant la Force nous guérir et le pouvoirs sith « absorption de vie » ou « drain de vie » ou encore « champ de mort » qui repose sur le vol de la vie de l’autre par vampirisme. Les Jedis puisent ainsi davantage dans leur ressource internes pour se guérir ou pour guérir les autres. Les siths utilisent leur pouvoirs pour aspirer la vitalité de l’autre et se nourrir de leur pouvoir. Quelque soit le côté de la Force il est donc représenté ici la capacité de se soigner, ce qui renvoie à l’idée d’une capacité de réparation de soi. Celle-ci se fait cependant au détriment des autres du côté obscure et celle-ci se fait en s’appuyant sur soi même dans le côté lumineux. En revanche, le côté obscure permet de rester de très longues périodes sans manger simplement en se nourrissant de la Force.

-L’emprise est figurée dans Star wars par le pouvoir du côté obscure « Poigne » ou « préhension de Force » qui permet de saisir une personne à distance et de l’étrangler. Il s’agit d’un pouvoir qui permet de prolonger le processus de main mise de base.

Discours de Star wars et fantasmes originaires

Dans l’analyse du discours de star wars nous repérons :

Le fantasme originaire de séduction

Le fantasme de séduction se repère à travers l’Histoire de Anakin Skywalker.

Le jeune Anakin Skywalker s’est laissé « séduire » par le côté obscure de la Force et par le discours séducteur de l’empereur et seigneur Noir des Siths Dark Sidious. Mais il s’agit en réalité d’une « écriture » car au fond le fonctionnement pervers tire ses ramifications chez lui depuis déjà longtemps.

Le fantasme originaire de castration

Figuré à plusieurs le fantasme de castration s’incarne et se met en scène lors de combat aux sabres lasers, des attributs phalliques à la fois précieux, extrêmement difficiles à manier et très dangereux. L’une des scènes les plus connues de Star wars est celle durant laquelle Dark Vador tranche ma main de son fils Luke qui le combat pour le battre.

La différence des sexes est aussi suggéré dans l’opposition entre les deux côté de la Force.

Le fantasme originaire de scène primitive et filiation

Absent en ce qui concerne Dark Vador qui n’a « pas de Père » et qui est né « comme ça » (Cf. supra).

La scène primitive prend acte dans le « Il y a bien longtemps… » introduisant l’histoire du film.

En revanche le discours sur la Force semble faire entendre que c’est la vie qui a créé la force mais sans métaphorisation ou image d’une « conception » faisant appel à deux entités séparées…

Enfin, il existe une différence tout à fait imporante entre les Jedis et les siths autour de ce qui constitue la naissance et le rapport de filiation.

Les futurs Jedis sont naturellement engagés dans la voie de la Force le plus tôt possible mais ils ne disposent pas au départ d’une maître qui leur soit dédié. Il sont d’abord en groupe et leurs aptitudes à al groulalité et l’entre-aide est évaluée. Les siths sont pour beaucoup pris très jeunes et mis directement dans une relation duelle avec le maître. Par ailleurs, lorsqu’un Jedi chute du côté obscure comme par exemple Anakin Skywalker il change de nom et s’affilie à la lignée des siths. L’ancien nom est alors censé être oublié ou effacé (« ce nom ne signifie plus rien pour moi » [Dark Vador parlant de son vrai nom]).

En effet, ce qui conduit au basculement du côté obscure de la Force c’est le fait que le sujet, dans le film, Anakin Skylwalker, se soit « laissé séduire par le côté obscure de la Force ».

TROISIEME PARTIE :

FONCTIONNEMENT LIMITE, EFFONDREMENT ET DYNAMIQUE DE CICATRISATION

Tentation du coté obscure et équilibre somato-psychique

Enfin, intéressons-nous à présent tout particulièrement, puisque c’est le centre de la trilogie originelle de Starwars, au basculement ou à la chute du côté obscure de la Force. De manière générale dans l’univers Star Wars, cette « chute » (« fall ») se cristallise au moment où se présente pour un jeune apprenti Jedi, des enjeux de re-conaissance et de passage d’un état de dépendance à un état d’indépendance. Durant cet épisode charnière, un apprenti-Jedi (Apprenti-Padawan), devenu suffisamment expérimenté et en âge de devenir Jedi à son tour et donc de devenir davantage responsable, tue soit un confrère soit son maître, ou du moins quelqu’un qui représente symboliquement la filiation à l’ordre Jedi et ses enseignements et le lien de continuité avec son histoire personnelle. Le tuteur occupe alors une position de mentor, de Père à la fois réel et symbolique au sens de Jacques LACAN.

Une précision particulièrement importante concernant cet épisode concerne le fait que le Jedi ne devient pas un Jedi déchu subitement mais qu’il s’agit d’un processus qui s’incarne à la suite d’un cheminement qui doit confronté le jeune apprenti à la tentation de prendre la place de son maître.

C’est alors que nous pouvons faire l’hypothèse selon laquelle la tentation du côté obscure de la Force et la chute du côté obscure représente successivement une tentative de lutte ou de négociation avec les enjeux de reconnaissence de la perte de la toute-puissance et ensuite une tentative de cicatrisation mise en scène d’un risque effondrement psychique, immobilisé par gèle, par la mise en place d’un fonctionnement pervers.

Rappelons au passage que cette compréhension du processus d’effondrement concerne plus particulièrement les Jedis noirs et non les vrais siths qui ont été depuis toujours élevés ainsi dans la tradition sith. Or, à l’inverse ce qui constitue le Jedi noir c’est un phénomène d’effondrement et de rupture du lien avec son passé et avec l’ordre Jedi qui lui servait jusqu’alors de contenant. Le Jedi « déchu » est un individu vivant une déconstruction progressive de son identité du fait de traumatismes cumulatifs ou uniques ayant temporairement suspendu le fonctionnement de son appareil psychique lui faisant alors vivre une agonie primitive selon les termes de Donald WINNICOTT ou une terreur agonistique pour reprendre les propos de René ROUSSILLON. Ce processus d’effondrement est étroitement lié au processus hallucinatoire dont nous avons décrit précédemment quelques point de développement sur lesquels nous reviendrons ultérieurement. C’est ainsi que le passage du côté obscure semble ré-activer les traces antérieures de perte intolérable. Dans le cas de la chute du côté obscure nous pouvons faire l’hypothèse d’une perte radicale de support du processus hallucinatoire et une désorganisation de l’ensemble de la personnalité impossible à contenir autrement qu’en actant dans la réalité cette coupure de la vie de l’autre.

La chute dans le côté obscure de la Force pourrait être entendue comme une tentative utlime de survie par court-circuit pour éviter que la crainte de l’effondrement ne se produise effectivement. Le Jedi noir ou Sith est un être malveillant, sournois, très calculateur et malin mais tout à fait apprécié dans son entourage. En effet, Comem nous l’avons vu précédement, le pouvoir de dissimulation de la Force qu’il utilise masque son affinité avec cette dernière. La Loi et les règles sont de son côté puisqu’il en est à l’origine.

L’histoire de Anakin Skywalker nous servira de point de départ de notre réflexion et de point d’accroche de notre discussion.

Anakin Skywalker : chronique d’un effondrement annoncé

Le premier point concerne le cadre de la naissance de Anakin Skywalker.

Intéressons-nous d’abord au cadre matériel de sa naissance ainsi qu’au condition de sa conception.

Anakin Skywalker est un jeune garçon natif de la planète Tatooine, une planète qui a été, bien longtemps avant l’histoire racontée dans les films, le théâtre d’affrontements violents entre l’empire sith et l’ordre Jedi. Elle fut ainsi une planète disputée, une aire de conflits intenses. Cette planète sableuse est par ailleurs chaude et éloignée du centre de la galaxie et hors de la sphère d’influence de la république galactique. Il s’agit ainsi d’une planète passant presque inaperçu pour les mondes dits « du noyau » qui sont les centres névralgiques de la fonction organisatrice et civilisatrice de la république.

Le deuxième point concerne l’origine de Anakin Skywaker, une origine qui semble d’emblée opaque, trouble et même tout à fait énigmatique. Nous ne savons pas son âge précis et par ailleurs un mystère entoure la conception de cet enfant qui semble paradoxalement voué à une destinée hors du commun.

D’après les renseignements que nous pouvons récolter dans le visionnage des films, et notamment de l’épisode 1, Shmi Skywalker, une jeune femme esclave, donc enchainée à sa condition, aurait été « enfantée » magiquement. C’est en tout cas ce qu’elle raconte au Maitre Qui Gon Jin en disant qu’elle ne s’explique pas la naissance de son fils (Star wars episode 1 : la menace fantôme). Elle l’a portée, enfantée et élevé. Mais elle ne peut rien dire du père de l’enfant qui semble comme absent de son discours mais également des représentation qu’elle en a. Bien qu’il s’agisse aussi d’une réalité apparemment dans l’univers Star wars, nous pouvons entendre son discours d’un point de vue psycho-dyanmique comme un témoignage d’une forme de Forclusion du nom du Père. Anakin Skywalker ne fera d’ailleurs à aucun moment référence à un Père, sauf exeptionnellement en parlant de Obi Wan Kenobi, son maître. Outre une évidente allusion à une position christique du fait d’une fécondation de sa mère comme par une forme futuriste d’imaculée conception, ce qui semble important également c’est la manière dont est présenté cet enfant qui est décrit et raconté comme un fils d’esclave, lui-même esclave ayant une destinée de Roi.

Puis, toujours dans cet épisode, nous assistons à la première séparation de Anakin avec sa mère lorsque Qui Gon Jin l’emène avec lui pour demander que le conseil Jedi statue sur sa possible formation. C’est ainsi que nous voyons que c’est un homme, un tiers, totalement étrangé, qui décide de s’affilier avec lui et qui lui propose un lien de filiation avec l’ordre Jedi et sa généalogie. Pendant cet épisode de séparation, nous pouvons remarquer combien cette étape est compliquée pour le jeune garçon qui, au moment de partir, revient sur ses pas en courant et se jette dans les bras de sa mère. C’est là qu’il lui fait la promesse de la revoir un jour.

Lors de sa rencontre avec le conseil Jedi, le jeune Anakin explique qu’il a froid. Lorsque Yoda lui demande s’il a peur, Anakin nie. C’est alors que le conseil comprend que les pensées de Anakin convergent vers sa mère qu’il a peur de perdre (« I miss her »). Yoda explique que la peur mène à la colère, que la colère mène à la haine, et que la haine mène à la souffrance.

Le lien entre les enjeux de séparation et le processus hallucinatoire apparaissent dans l’épisode 2 au moment où Anakin est en fin d’adolescence en tant que jeune adulte.

Nous voyons ce type de lien dans les cauchemards qu’il fait et au cours desquels il voit sa mère l’appeler, lui demander de l’aide et finalement mourir. Or, nous savons depuis Sigmund FREUD et l’interprétation du rêve que le rêve est une réalisation/satisfaction hallucinatoire de désir tandis que le cauchemard en est une réalisation non voilée et non déguisée et transformée par les mécanismes psychiques inhérents au travail du rêve. Comme le cas de la petite fille présentée par Donald WINNICOTT, Anakin semble rêver de la mort de sa mère tout en craignant que ce souhait se réalise.

Anakin confie alors ses cauchemards à Padmé, la femme dont il est amoureux.

Plus tard dans le même film, Anakin ressent une intensification des cauchemards et de l’anxiété. Il se rend sur le planète Tatooine où il découvre et apprends que sa mère a été vendue par son maître, puis rachetée et affranchie avant d’être épousée par un homme qui l’a libéré de sa condition d’esclave. Cependant, quelques années après leur mariage, Shmi s’est faite capturée par des hommes des sables. Anakin par à sa recherche sur un engin rapide et il finit par retrouver le campement des hommes des sables qui détiennent sa mère captive. A l’aide de son sabre laser, Anakin découpe un morceau de hutte et se fraie un passage à l’intérieur de celle-ci. Il y trouve alors sa mère telle qu’il l’avait rêvée. Elle est attaché à une sorte de planche de torture, le corps manifestement recouvert de coup de fouets. C’est alors que Anakin se penche vers sa mère et qu’en se réveillant elle le reconnaît. Après avoir dit « être comblée » d’avoir retrouvé son beau garçon elle lui répète « je t’aime » et meurt dans ses bras, à travers une sorte d’étreinte funèbre. Soudain, la musique change et nous voyons Anakin changer d’expression du visage, le regard sombre. Il sort de la hutte et nous comprenons qu’il décime tout le campement. Cette scène laisse penser que Anakin ne peut pas supporter la réalisation du désir de la mort de sa mère ainsi que l’actualisation de sa plus grande peur : celle de la perdre sans ne rien pouvoir y faire. Sa réaction de meurtre aussitôt de la totalité des membres du village (il racontera plus tard à Padmé « les femmes et les enfants aussi ») ressemble à un acte-réflexe qui pourrait être assimilé à un passage à l’acte sur le mode de la Loi du Talion, comme conséquence d’une poussée de destructivité.

Pourquoi se sent-il si coupable à l’idée qu’il n’est pas pu sauver sa mère ?

Anakin fut peut-être dès le départ investi comme un objet-secours-sauveur de sa mère contre laquelle il ne pu pas diriger ses ressentiments. Cette mère trop aimante ne semble pas avoir été complété par un Père qui puisse médiatiser le rapport de Anakin à son mère. Il semble que l’éradication du village d’hommes des sables soit une tentative de projection pour éviter que la culpabilité ne revienne par retournement noyer un moi déjà fragilisé. Nous pouvons alors faire l’hypothèse ici d’un collapsus topique c’est-à-dire d’un effondrement des limites entre le dedans et le dehors auquel il n’a pas d’autre choix que de recourir à l’action pour garder un minimum de contenance psychique. Cependant en tuant les hommes des sables Anakin intériorise un objet mort.

Après ce premier « accident » psychique, Anakin semble revivre la même situation qui se présente de nouveau à lui sous forme de rêves. Ces cauchemards se présentent peu de temps après que Anakin ait appris de la part de Padmé que cette dernière était enceinte de lui et qu’il allait devenir papa.

Il semble que les cauchemards de Anakin traduisent la difficulté à contenir les enjeux psychiques liés à la paternité.

Ces cauchemards se manifestent également à un moment où Anakin se trouve à la fois de plus en plus puissant et en même temps particulièrement destabilisé par ce qui se passe dans la galaxie. De nouveau, les enjeux de perte de celle qui se trouve être le substitut de son premier amour perdu sème le trouble dans son esprit.

Mais alors Anakin se jure de ne pas perdre, même s’il doit prendre des risques. C’est ainsi que pour éviter de se confronter à sa plus grande angoisse Anakin est prêt à recourir à toute solution qui lui serait proposé. Dark Sidious qui peut lire dans les sentiments de Anakin va chercher à le corrompre en lui faisant penser qu’il est possible d’éviter la réalisation de la mort de Padmé à condition de se détourner de la voix des Jedis.

Le processus pervers vient donner une enveloppe de plastiqie et d’acier à une vie psychique brûlante d’un desir sans fin et d’une soif de pouvoir suffocante…

En somme il échappe à l’effondrement mélancolique à travers une carapace caractérielle et un aménagement pervers.

Un Jedi noir est cela : un trou noir qui s’effondre sur lui même du fait de sa propre gravité

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