Travail de recherche

Travail de recherche

 

Psychologue clinicien diplômé de l’Université Lumière Lyon II, je m’intéresse au domaine du Numérique c’est-à-dire à ce qui se rapporte à la technologie et les processus qui lui sont intimement liés à savoir, premièrement la miniaturisation, deuxièmement la concrétisation fonctionnelle des processus psychiques inconscients et enfin troisièmement l’intégration progressive, au sein des machines, de fonctions auto-méta-représentatives.
Ceci me conduit à étudier le phénomène d’auto-animation des objets non-vivants, la multiplication des écrans, le JEu vidéo et ses mécaniques sous-jacentes, ainsi que l’émergence d’Internet et des réseaux sociaux. Au-delà de l’analyse des nouvelles pratiques du numériques et des modes de rapports à la « matière numérique » et son utilisation singulière, mon intérêt concerne également le rapport entre la nature et la technologie et notamment les effets de mutations contemporaines lié à la numérisation. Ce point comprend également l’analyse des formes contemporaines de la psychologie et de la psychopathologie au sens des mutations paradigmatiques à l’œuvre.

Dans cette optique, j’organise et je co-anime des interventions, des conférences, des ateliers-débats en établissements scolaires ou j’anime des modules de formation pour les professionnels du secteur socio-éducatif et médicale. Ce travail me conduit à diriger des journées de formation afin d’ouvrir à une autre forme d’écoute de l’utilisation des objets numériques par les enfants « digital natives », les adolescents qui sont les adultes de demain, et les adultes baignant dans la « culture numérique ». Cet enjeu me semble tout à fait fondamentale dans la mesure où mon expérience sur divers terrains et auprès de population variées m’a permis de constater combien la « crise » que nous vivons autour de technologie est une crise également de la parentalité, des position professionnels, des modèles de transmission et du savoir tel que nous le concevions jusqu’à présent. Au-delà des enjeux de transformation culturelle, nous vivons également une période de transition. Nous sommes à un moment de changement de modèle. L’ancien système hérité d’une histoire d’origine latine et judéo-chrétienne lié à diverses positions et schématiques « verticale » tend à s’hybrider avec un modèle plus anglo-saxon et « protestant » qui met à mal les fondements mêmes de ce qui nous à permis de nous construire. Ces mutations sociétales et institutionnelles demandent encore à être intégrées tout comme leurs effets supposent encore de nombreuses années d’évaluation.

Activité de recherche :

Mon activité de recherche est à l’heure actuelle basée sur quatre années d’expériences en institutions.
Doctorant en psychopathologie et Psychologie clinique sur le thème des médiations numériques, je co-anime des groupes Jeu vidéo au sein de plusieurs structures de soin pour adultes schizophrènes, pour enfants et pour adolescents.

Activité clinique :

Ma pratique clinique s’oriente vers les nouveaux cadre-dispositifs à même de pouvoir accueillir la souffrance psychique du vingt et unième siècle.
Je propose pour cela des interventions à domicile destiné à toute personne désireuse de rencontrer un psychologue dans le cadre de son « chez soi ».
Pratique clinique à domicile :
http://psychologueadomicile.wordpress.com/
Je développe également une pratique de psychologue en ligne à l’écoute des nouveaux supports de la souffrance psychique au XXIème siècle :
http://guillaumegilletpsyenligne.wordpress.com/
Je développe enfin une pratique en cabinet libéral soit en individuel soit au sein de groupes de paroles notamment pour des adultes et des adolescents autour de la question du Jeu vidéo.

Activité d’enseignement :

Une part de mon activité concerne l’enseignement.
Je suis enseignant vacataire de cours magistraux et de travaux dirigés de Psychologie au sein d’un institut de formation infirmier au semestre 1 et 5.
Je suis également chargé de travaux dirigé de psychologie clinique à l’Université Lumière Lyon II et j’interviens à la faculté de médecine de Lyon pour sensibiliser les futurs médecins aux enjeux du numérique à notre époque.

Histoire :

J’ai entrepris pour l’année 2010-2011 de reprendre mes études.
C’est pourquoi j’ai présenté un préprojet de recherche sur le numérique en vue de soutenir un Master II à finalité recherche.
En réalité, cette année fut pour moi précisément une année de maturation et de révélation de mon désir, toujours présent mais mis au silence jusqu’alors, de m’engager dans la recherche et d’y consacrer une partie de mon temps.

Mon intérêt pour le numérique et même pour le Jeu vidéo a toujours été teinté d’un subtil mélange d’attraction, de fascination, de curiosité, de crainte et de plaisir dans le Jeu. Très vite j’ai sans doute compris intuitivement ce que nous apprenons aujourd’hui grâce à des auteurs tels que S. Tisseron, Y. Leroux, M. Civin, Vincent Lecorre, et tous les pionniers de la recherche sur le Numérique…

Il se trouve que l’idée d’un travail à partir et sur les Jeux vidéo a éclos lors de la fin de parcours universitaire en vue de ma professionnalisation.
Au détour d’une pensée, furtive, je compris que ce que j’avais mis de côté depuis longtemps, à savoir un lien particulier avec le numérique, était revenu, au premier plan car le Numérique a finalement tenu une place importante durant mon enfance et mon adolescence.
La relation au numérique et plus précisément au Jeu vidéo était jusqu’alors sans doute encore à l’époque teintée d’une sorte de discours disqualifiant ou en tout cas infantilisant, que ma formation de Psychologue avait fini d’appuyer et de renforcer. On retrouve encore aujourd’hui ce discours parfois même moralisateur chez les parents des adolescents voire même au sein des équipes de soins qui préfèrent regarder de loin ces phénomènes, au prix pourtant, de louper le virage du numérique…
Il n’est en effet pas courant pour un psychiste de tendre vers un intérêt particulier pour ces objets nouveaux, techniques, à forte valeur ajoutée et qui brille en apparence un peu comme des bijoux plaqués or promettant de nombreuses choses, mais ne résistant pas à l’épreuve du temps.

Mon préprojet commença donc par me faire aborder le Jeu vidéo sous l’angle d’un signe d’une souffrance psychique voire même comme le signe d’une pathologie sous-jacente. Le contexte de l’époque, et sans doute, encore un peu aujourd’hui, se prêtait très bien à cette perspective sans surprise.
un travail sur les médiations numériques, avec le soutien de nombreuses personnes pris forme, au fil des mois.

Il ressort que cette année de Master II Recherche m’a permis de mettre en place un atelier de rencontre autour du numérique, en proposant à des patients adultes souffrants des troubles psychopathologiques de natures variées, des échanges avec un temps de Jeu sur ordinateur.

Au point ou j’en suis actuellement, le Jeu vidéo est un équivalent de mouvements psychocorporels hallucinés et scénarisés permettant une forme de figuration scénique d’expériences archaïques.

Il s’agit de la pâte à modeler du vingt et unième siècle.

 

Ci-dessous :

 

Le travail de recherche sur la médiation

Les indicateurs de changements dans un processus thérapeutique

La bibliographie

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6 Commentaires

  1. La psychanalyse est un déchiffrage ; elle ne tombe pas du ciel ni ne repose sur rien – donc est-elle un déchiffrage d’un chiffrage. C’est ce préalable (le chiffrage) qui porte l’interrogation de sa phase actuelle. Il y a des raisons de supposer – ou des raisons qui mènent à trouver que ce chiffrage préalable est déjà de son oeuvre – « de son ressort » comme on dit. DWT

    Réponse
    • Merci pour cette remarque tout à fait intéressante qui recentre aussi les questions du côté du chercheur et plus généralement du thérapeute, qu’il soit psychologue, psychiatre, et/ou analyste.

      Hélas, je pense qu’il n’est pas possible de « répondre » à cette question de l’origine au sens il existe une indécidabilité à l’origine même du travail thérapeutique.

      aussi, je ne sais pas si l’on peut très clairement affirmer que le chiffrage précède le déchiffrage…

      Réponse
      • Merci également pour resituer et le transitivisme (l’indécidabilité qui de l’imaginaire donne l’illusion du transfert et donc une raison thérapeutique) et cette question des origines que la cybernétique/lacanisme formule selon une assertion de certitude anticipée. Cette certitude ou cette assertion, illusoire ou trompeuse, permettent de douter que l’on puisse situer ce qui précède – comme le bon sens l’exprime prosaïquement en mettant en scène la poule et l’œuf.
        Que le chiffrage distingue la machine permet toutefois de le localiser dès la matière – la « mécanique céleste » comme dit également le bon sens. C’est à dire hors, ou bien avant la vie ou bien après qu’elle soit redevenue poussière. Son bref passage, interlude, inscrit cet alterne chiffrage-déchiffrage. Arrivée au bord – là où le bordel de la fin du monde frise la mort – l’histoire montre ceci, après une scène primitive (Freud) et avant le caput mortuum (Lacan) :
        Le nom-du-père chapitre cet espace – comme le bon sens l’entend simplement : de la poule et de l’œuf le précédent est le coq. Nous sommes loin d’une boutade en admettant que nous sommes à l’ère génétique, où la masculinité est signifiée et localisée en un gène transmissible. Ce Signifiant premier qui génère dans l’espace de la vie son savoir décide sur ce que les temps modernes cessent de douter : lorsque la machine (cybernétique) entre en marche le chiffrage précède le déchiffrage. Autrement dit la matière précède la vie comme la mathématique de l’univers (l’astrophysique) l’affirme. La difficulté que nous aurions à l’admettre est celle que Freud attribue au narcissisme (révolutions copernicienne, darwinienne, freudienne etc..).
        flog.référence : http://www.psybakh.net/2011/htm/20110129093400_flog-13.htm#20111012091700
        flog.convention : http://www.psybakh.net/2010/2010032411300_fondation.htm

        Réponse
  2. merci de nouveau pour ce commentaire.

    Je devine aisément que malgré une certaine distance entre nous, du fait précisément d’une orientation significativement différente dans nos référence théoriques (sans allégeance à quelque théorie que ce soit (sinon c’est le début de l’aliénation) je suis Freudien winnicottien et roussillionien), nous nous rejoignons sur la question de l’origine mais également sur la matière.

    En revanche, il me semble bien que nous pouvons entendre les dernières théories d’astrophysiques comme des « preuves » d’une métaphorisation grandissante ou du moins plus manifeste à présent, d’une théorie sexuelle infantile sous-jacente faisant apparaitre implicitement l’idée que l’homme ne peut au fond comprendre l’origine de l’univers et de la matière parce qu’il raisonne « en humain » avec un début, une naissance et une fin et un sens.

    Au passage et avant de revenir au thème qui m’intéresse ici à savoir le numérique, je vous invite à lire les dernières et successives théorie de l’avenir de l’Univers qui illustrent tout à fait mon propos : l’une d’elle explique l’origine de la « matière négative » (je simplifie) comme une matière à pression négative jouant à la fois sur une attraction et une répulsion, dévoilant en 2011 l’intérêt des scientifiques des « sciences dures » pour un mécanisme mis en évidence par Freud il y a déjà un siècle déjà.

    Le numérique est justement le seul objet qui vient remettre la question des origines au devant de la scène et qui introduit pour la première fois dans l’histoire de l’Humanité, un « début » plus ou moins repérable et surtout une transmission faite des plus jeunes vers les plus anciens : convoquant ici un vécu d’inversion de l’asymétrie de la relation parent-enfant, ou en ce qui concerne mon expérience de thérapeute, de la relation soignant-soigné.

    Réponse
    • Je comprends à propos de l’identification – perso je suis plutôt rien ou, si vous voulez, ce que dit HvF quand il se contredit dans la « Seconde cybernétique et complexité : Rencontres avec Heinz von Foerster » (un livre que je feuillette à l’instant sur amazon qui livre quelques pages sauf copirate).
      Je suis bien d’accord avec ce que vous dites et particulièrement sur la notation d’un <> avec le chiffrage/cybernétique. Il y a probablement lieu de mentionner ce que le LSD avait permis à T. Leary d’exposer comme doctrine sur la <> au nom d’une « paedomorphose ». Une très utile conception. L’inscrire dans un historique de la programmation chimique ou cybernétique évite qu’on refoule trop les coordonnées de la découverte freudienne.

      Réponse
      • aïe – j’avais mis entre guillemets – qui se sons transformés en sphincter de la machine avide ! – 1) = début et 2) = transmission faite des plus jeunes vers les plus anciens ; échos de votre texte.
        Je ne sais pas mieux rattraper la chose que reporter à une édition stable : http://www.psybakh.net/2011/htm/20110129093400_flog-13.htm#20111012091700
        On y trouve le texte bien formaté et intelligible. Je souhaite vous offrir ce mot – paedomorphose – que je tiens de la lecture de Leary. Merci, à bientôt.

        Réponse

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