le « scientisme sociale » : le « checheur » comme porte parole des idéologies societales (Version Béta)

le « scientisme sociale » : le « chercheur » comme porte parole des idéologies sociétales

Proposition de réflexion sur la nouvelle mise à mort du divin ou la nouvelle destitution de nos figures de tutelle meta-institutionnelle à l’époque contemporaine et dans notre
société post-moderne.

Pendant un temps, l’humanité a utilisé la croyance pour attribuer de manière projective des processus psychiques en rapport avec le questionnement sur nos origines, afin d’expliquer la nature et la causalité phénomènes qui n’étaient pas encore intelligibles par une démarche méthodique et scientifique. C’est ainsi que l’homme à longtemps classifié, et nous dirons même catégorise, ce qu’il ne pouvait pas expliquer du côté de la magie, des puissances invisibles des esprits ou encore de l’action du divin.

L’animisme infantile a ainsi souvent été à la source de nos constructions psychiques de ce qui n’était point encore entendable par une suite de raisonnements cohérent et ordonné.

Cependant, l’avènement d’une méthodologie de base scientifique a progressivement permis à celui qui sait, le sachant, le scientifique, de pouvoir apporter les réponses « réalistes et rationnels » afin d’enfin pouvoir lever le voile de ces mystères et des autres énigmes de la vie.

Ces avancées spectaculaires sont notamment en lien avec la mort annoncée et donc le meurtre prévu et sans doute prémédité de Dieu dont certaines manifestations ont pu progressivement trouver un sens autre que celle d’une action divine. Sans remettre en question la foi qu’il convient de respecter nous pouvons toutefois remarquer combien la lente mais certaine intégration du discours scientifique dans la trame du tissu social a permis une forme de substitution de la figure de Dieu par la figure du savant qui a eu petit à petit la nouvelle charge de dire le vrai à travers une idéologie, donc une posture illusoire, de pouvoir affirmer une vérité absolue et intemporelle mais aussi ageographique au sens d’atopique ou utopique du fait que pendant un temps nous avons pu penser que la science ne saurait s’appliquer dans un domaine limité du fait de la portée universaliste que nous lui attribuions. C’est ainsi que les connaissances scientifiques au sens d’apports dynamiques ont fini par être cristallisées pour certaines sous une forme de savoirs figés et illusoirement indestructible voire par moment irréfutable. Le fait est que la science s’étant détachée de la philosophie, qui a pourtant gardé historiquement la tache d’étudier les critères de définition de la scientificité, nous avons en somme pour moment mis de côté l’idée selon laquelle la science ne pouvait être tout à fait évaluée qu’en interne et qu’il convenait qu’une position tierce puisse statuer sur la validité de ses observations. Alors même que nous avons pu croire en l’espace d’un siècle que nous nous étions émancipés de la tutelle philosophique en s’éloignant de ce qui ne pouvait être soumis aux principes scientifiques nous avons en fait remplacé un système de croyance par un autre. Alors la figure modeste du savant-sachant-ignorant s’est bientôt transformée en celle du chercheur sachant à la recherche de la vérité qu’il est censé trouve et révéler. Aujourd’hui encore et dans certains cas le chercheur revêt son costume de prêcheur pour dire la bonne parole sur la vie. Nous pouvons entendre ici et là de fervents prophètes qui défendent par exemple la nécessité de fusion entre l’éducation et la science afin de développer une éducation scientiste qu’ils appellent de leur vœux et en appui de connaissances qui là encore devraient dicter un mode d’éducation adapté aux capacités cognitives des enfants. Ce type de discours repose alors sur un projet manifeste de pouvoir enfin atteindre un idéal d’égalitarisme qui prône que les inégalités cognitives entre les individus sont inacceptables et intolérables. Curieusement nous constatons que l’aura du scientifique a un effet inhibiteur pour la pensée puisque personne ne fait souligner ici le fond totalitaire et le projet eugéniste d’une démarche qui sous couvert de ce projet fort louable en apparence risque de nous conduire dans un système discriminant en créant d’autres formes d’inégalités à travers une logique de tri et de classification des individus en vue de les spécialiser le plus tôt possible à une tâche…

Toutefois, cette tendance est déjà en train de se transformer puisque nous avons aujourd’hui la possibilité d’observer comment nous amorçons une autre phase ou un autre cycle. Le savoir étant disponible à présent en tout temps et en tous lieux nous assistons à une reprise de ces processus et de leur intégration dans le tissu social à travers un phénomène de récupération du savoir scientifique au service non pas seulement d’une position de détention de l’objet idéalisé mais d’une confirmation du désir et je dirais de la désirabilité ambiante. Aujourd’hui nous abordons progressivement une étape de re-meurtre de nos instances tutélaires scientifiques. Le phénomène va de paire avec un changement de générations et de la manière dont les chercheurs se positionnent. Nous assistons alors parfois à de bien curieuses scènes au cours desquelles le sachant fait savoir plutôt explicitement qu’il ne sait pas. Par ailleurs, nous pouvons observer dans nos pratiques combien le discours scientifique autrefois « monothéiste »,tend à se pluraliser, à se complexifier et à se re-organiser.

C’est ici qu’il nous faut être attentif : lorsque le discours du sachant épouse les attentes et répond directement à la demande sociale alors le discours est porté et il sert de procédé de légitimation de l’idéologie dominante en place dans le groupe ou dans une société donnée. On lui accorde alors du crédit car il fait de la science un porte idéologie. Mais dans le cas ou le discours n’adopte pas le schéma actuel de la séduction généralisée alors le chercheur est attaqué. Ceci alors qu’il s’appuie sur des travaux dont la teneur scientifique et la consistance des travaux ont été éprouvés dans le temps. En somme, nous abordons une caractéristique du savoir en sciences humaines dont la nature s’avère éminemment paradoxale. En effet de part sa nature la science s’avère contre-intuitive puisque le statut scientifique dune expérience suppose dans certains domaines une lecture particulière des phénomènes. En même temps en sciences humaines et notamment en psychologie clinique nous apportons une valeur importante sinon centrale parfois à l’affect et à l’intuition. Alors comment construire une approche de synthèse à travers le prisme d’une injonction paradoxale au cœur même du savoir scientifique en sciences humaines et notamment en psychologie ?
C’est ce qui nous permet de comprendre comment le discours du chercheur pourra emporter l’adhésion unanime si son contenu s’avère compatible avec les méta théories dominante au point de sacraliser sa parole comme le VRAI alors même que son discours ainsi que sa légitimité de chercheur pourront être discuté en cas de position non-conforme aux attentes…

Publicités
Poster un commentaire

réponse ? ou commentaire ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :