Notre rapport à l’objet numérique

Notre rapport à l’objet numérique

 

Parce que nos utilisations de nos objets numériques sont parfois discrète, intime même, à l’abri du regard des autres et sans attente de leur approbation nous pouvons proposer l’idée que la manière d’utiliser nos smartphone, tablette, ordinateurs et autres objets à « à regard réfléchissant » (Ceci est ma TM déposé) sont des indicateurs et des analyseurs de notre rapport primaire à l’objet donc de notre rapport primitif au monde à l’aube de notre existence.

 

Dans la suite de cette idée je vous propose de réfléchir au fait que l’événement du tactile tend à nous permettre d’explorer des modalités de rapport au monde de plus en plus primitifs car attachés de plus en plus à nous faire vivre une expérience de sensorialité multi-directionnelle et je dirais même amodale comme chez le nourrisson. En ce sens le tactile présente une dimension de corps à corps ou de peau à peau avec l’objet tandis que l’utilisation d’un dispositif de pointage comme la souris porte davantage les traces d’un rapport médiatisé par un AUTRE ou une forme d’altérité qui vient faire intermédiaire et qui s’intercale en nous séparant de la surface de l’objet. Lorsque j’utilise la souris, celle-ci porte un rapport de séparation ET de rapprochement entre moi et l’écran : il y a donc une forme de fonction paternelle, de pont qui sépare et rassemble dans la technologie, fonction qui tend à s’amalgamer à travers le tactile avec des aspects beaucoup plus sensuels. Nous passons d’une forme de verticalité des écran d’autrefois et de l’utilisation de la souris et du clavier à une position d’horizontalité du support et de rapprochement sensuel avec la matière numérique et donc avec certaines de nos fonctions intra-psychiques.

 

Comme Sigmund Freud en son temps s’est penché sur sa vie et ses propres « productions psychiques notamment ses rêves pour élaborer sa théorie, toute démarche d’exploration de l’Inconscient doit passer nécessairement par une auto-observation de soi. Aujourd’hui l’écran du rêve est au dehors, et nos manière de nos comporter avec nos objets numériques témoignent de notre manière dont nous médiatisons le monde vis-à-vis de nous-même. Par exemple, la manière de « protéger nos accès par mot de passe », ou au contraire de tout laissé libre d’accès, nos manière de ne pas utiliser un nouvel ordinateur tant qu’il n’est pas bien « protégé » porte les traces de la manière dont nous avons été materné. Nous transférons ainsi le « Ne sort pas sans ton écharpe » par un « bon il faut bien que je face les mises à jour de sécurité ou que « j’installe un antivirus avant d’aller surfer sur la toile ». Seul une analyse sincère, la plus dénuée de défenses sur notre manière de nous occuper de nos objets à regards réfléchissant peut nous amener à questionner ce qui s’actualise de nos premiers rapports avec la sensorialité et la sensualité du corps à corps avec notre premier objet d’amour.

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