« World Of Warcraft » : Je joue donc je(u) suis ? – au commencement était l’action –

« World Of Warcraft » : Je joue donc je(u) suis ? – au commencement était l’action –

« Un changement s’est produit soudainement devant moi, sur l’écran, modifiant la trame des actions coordonnées que nous étions en train d’effectuer ensemble. Un changement attendu et désiré depuis que nous sommes entrés dans cette aire de Jeu : avec le groupe de la Guilde à laquelle j’appartiens, nous venons enfin, avec de la patience et de la persévérance, de terminer « l’Instance », donc d’arriver aux termes de cette quête,  et par conséquent de réaliser ce projet d’action partagée. Je ressens alors une immense satisfaction.

Les positions de chacun qui étaient jusqu’alors définies implicitement dans l’aire de Jeu évoluent à travers un début de déambulations de certains, ou au contraire d’une immobilité sereine de la part d’autres qui semblent comme absents, tandis que les actions que nous effectuions de manière répétitive et presque mécanique, ou « automatique » par moment, ont cessé immédiatement au moment où le « Boss » est tombé. Pris dans la concentration et l’observation de l’ensemble des paramètres du Jeu, dans la peau de cet ours furieux et enragé, je m’apprêtais encore à attaquer frénétiquement lorsque je me suis rendu compte que ce n’était plus possible. En effet, à cet instant précis mon Avatar s’est comme « désolidarisé de moi » ou « dissocié de moi » lorsque j’entendis sa voix me dire qu’il ne pouvait plus frapper mon ennemi, et que simultanément apparaissait à l’écran le message m’informant que je n’avais plus de « cible » à disposition.

Pendant le temps de combat, tout le monde était présent dans une sorte d’harmonie et de perfection d’entente : comme un ballet ou un orchestre dirigé d’un regard bienveillant par le Maitre de cérémonie, tel un chef d’orchestre levant par moment soudain le bras pour régénérer les autres et soutenir le rythme de ce qui ressemble à un concerto d’une nouvelle nature. La contre-basse, moi, le seul « Tank », un Ours imposant et puissant me lançant à corps perdu dans la mêlée, ouvrait le chemin et appliquais le rythme d’arrière-fond des attaques à travers mes lents coups répétés et acérés mêlés à mes hurlements qui se produisait à intervalles réguliers. Tel un gong, un tambour ou une caisse de résonance j’imprimais d’un rythme singulier à la scène que nous jouions du dedans… Les violons, mes frères et sœurs DPS, de puissants magiciens et archers, restaient à distance et arrosaient nos ennemis régulièrement avec leurs pouvoirs destructeurs, surgissant tels de rapides notes aiguës et acérées jouées avec une précision de chirurgiens. Les jets de sort et autres pouvoirs magiques retentissaient comme des pics d’intensité nets, réguliers et vifs semblables à un tirage précis exercé sur les cordes d’un violon. Les cymbales, les « Healers », situés en retrait du champ de bataille, intervenaient de manière régulière ou plus ponctuelle comme un surgissement vif et claquant en cours de partition, pour soigner tout le monde en cours de Jeu et envelopper de leurs auras magiques et régénératrices ceux qui subissaient les assauts…moi au premier plan. Il s’agit d’un concerto car j’ai l’impression d’un dialogue entre le soliste que je suis, seul en avant sur la scène, au cœur de l’action, et le reste de l’orchestre dont je fais partie et au sein duquel s’actualise ce qui ressemble aux différentes étapes d’un mouvement cardiaque…C’est comme si j’étais contre et à la fois avec eux…
Comme soliste, je fais le lien entre le groupe de paires et le groupe d’ennemis, comme engagé dans un travail de conciliation entre deux camps qui se dispute pendant un divorce.

Mon « Maitre-Tauren » Ocakr m’a invité à cette « instance » pour que nous puissions progresser avec les nouveaux-venus, mes frères et sœurs nouvellement arrivés et nés au sein de la Guilde Ordalie, une des Guildes de la « Horde » qui s’est ouverte aux joueurs-débutants-cliniciens-chercheurs.
Je suis l’un de ces nouveaux-venus au monde d’Azeroth, un Jeune Tauren né par une belle journée de Juin, sur la terre-Mère en Mulgore, à côté de Sabot-de-sang, sur le territoire Kalimdor. Je suis au sein de cette fratrie nombreuses « le changeant de forme » qui se transforme pour mieux s’adapter aux situations de Jeu et qui développe des aptitudes en fonction du milieu dans lequel il se trouve. Dans WOW, je ne suis pas un caméléon mais un métamorphe, je ne change pas de couleur sur le fond, je change de forme.

Il nous faut tous progresser en faisant du « levelling » : c’est-à-dire que pour monter en niveau et pouvoir ainsi développer de nouvelles aptitudes…gagner en maturité, et pour ma part, jouer au passage entre de plus en plus de formes différentes apprises avec le temps…
En effet, je n’ai jusqu’à présent que la forme de félin et la forme d’ours…
Le félin est doux et discret. Et il se déplace avec volupté et silence…mais il est vif et cruelle au combat. L’ours est massif et lent. Il se déplace avec rythme et puissance…il est également protecteur.

Juste après la mort de tous nos ennemis, et l’agonie du « Boss », nous venons à l’instant de partager le butin avant d’assister à la libération du personnage mythique que nous étions venu délivrer…car c’était bien là l’objectif de cette instance, c’était ce qui nous avait été proposé de réaliser en échange d’expérience et de récompense. Alors que le personnage libéré nous félicite, mes compagnons et moi-même, j’entends sa voix tout en lisant le texte qui s’affiche à l’écran et qui reprend fidèlement, mot-à-mot et en temps réel, le contenu de son propos. Il s’agit d’une option que j’ai volontairement « activée » au moment de paramétrer les préparatifs du Jeu concernant l’interface afin de pouvoir bénéficier simultanément du son entendu et de l’écrit perçu à l’écran. Cette simultanéité et l’exactitude entre le vu et de l’entendu me donne l’impression d’une fidélité et de quelque chose qui va se soi…

Presque immédiatement après la victoire, chacun y ait allé de son commentaire d’une manière toute personnelle. Certains d’entre nous ont rit, ou applaudi voire acclamé. D’autres effectuaient de petits sauts sur place ou en dessinant un cercle autour ou au centre du groupe. D’autres encore préféraient rester immobiles, contemplatifs ou absents. A ces gestes et à ces manifestations de joie se joignirent des commentaires écrits de différentes couleurs. Je comprends très vite que le texte de couleur verte représente un commentaire adressé à tous les membres de la Guilde quels qu’ils soient, où qu’ils soient, et même s’ils n’ont pas participé à l’Instance. Des compliments ont été adressé de cette manière à l’ensemble de la Guilde comme si la Guilde toute entière avait participé à ce rush. Cela me donne l’impression que « l’ensemble » remercie sa partie articulée…mettant en scène une manifestation d’une reconnaissance mutuelle et d’un partage de plaisir. Les félicitations nous viennent ainsi comme de l’extérieur du groupe mais d’un autre groupe plus large auquel nous appartenons : un groupe dans un groupe en somme. Puis, des commentaires « internes » au groupe se sont manifestés à travers une couleur bleuté lisible uiquement par les membre du groupe formé temporairement pour faire l’instance. Chacun remercie les autres du bon déroulement de ce long parcours et je sens poindre ici quelque chose d’un engouement et d’un sentiment agréable et enveloppant de jubilation, de ré-assurance et de plaisir partagé d’appartenir et de participer à cette illusion de bonne entente.

J’observe autour de moi et je constate que mon Maitre-Tauren-« healer » est toujours présent, immobile, face à moi. Le contexte de ce lieu ainsi que la situation de victoire associée à sa posture d’apparence neutre, lui donne une prestance et une certaine gravité. Vêtu d’une tenue très particulière, il semble comme méditer avec un recul et une gravité sur ces événements. Lui aussi est un Tauren, il me ressemble, je me vois comme face à un autre-semblable, un autre plus sage, un futur ? Il a toujours le mot juste et le ton juste…
En dépit du fait qu’il s’agit pour moi, d’un mentor, y compris hors de World Of Warcraft, je ne peux que me demander :

Que peut-il bien attendre ? Que pense-t-il alors de ce premier essai ? La récompense que nous avons eu devrait nous suffire en plus de ce plaisir tout particulier de pouvoir jouer ensemble.
Mais est-il satisfait au fond ?
Mes autres compagnons sont non loin de là. Deux d’entre eux se rapprochent pour échanger leur butin tandis qu’un autre s’arrête de bouger soudain et que l’un d’eux repart aussitôt que la quête est accomplie en disparaissant instantanément. Heureusement que les « Dps » et surtout mon « Healer » m’ont bien soutenu car en tant que seul « Tank » débutant, je n’aurais pas pu venir à bout de cette vague d’attaques tout seul. Je pensais que les Healers étaient les plus « fragiles » des rôles à jouer alors que je viens de découvrir que sans leur présence bienveillante, et particulièrement sans la présence de mon healer, mon soigneur, l’ensemble de l’équilibre du groupe n’est pas possible.
J’assois mon Avatar sur sol en choisissant à l’aide de la souris l' »Emote » « Assis ». L’ours que je suis s’assoit alors les jambes pendantes sur le sol, un peu pacha, en attendant quelques instants… Dans Wow, toutes les émotions, attitudes et expressions passent par le Jeu avec le clavier qui permet de taper des messages, et la souris qui permet le pointage sur l’action souhaitée et le texte…car il faut pouvoir écrire pour se parler. Alors, tout n’est pas exactement fidèle à ce que nous ferions dans la réalité.

Je règle la caméra en jouant avec la molette de la souris afin que mon point de vue co-incide avec celui de mon avatar, passant ainsi d’une vue du dessus, presque d’une position d’extérieure à la scène, à une vue subjective, comme si je voyais par les yeux de l’Ours. En poussant davantage ce Jeu je remarque qu’il m’est possible d’être placé comme devant son museaux, sans pouvoir voir le moindre élément de ce corps d’animal, ce qui me donne l’impression d’être une pure présence désincarnée.

Sans savoir pourquoi, dans un mouvement à peine décidé, je regarde furtivement l’heure à ce moment précis, mon regard hésite quelques instants avant de fixer l’horloge de ma « box Internet » qui affiche 0:30…

Il s’agit d’un moment très court durant lequel je dois réhabituer mon regard à l’espace perceptif de la pièce dans laquelle je suis chez moi, au-delà du cadre de l’écran.

« Déjà ! » me dis-je avec un sentiment de déception voire d’amertume. Je sais qu’il me faut arrêter la partie.

J’ai besoin d’un léger temps pour m’extirper du monde du Jeu et réfléchir à ce qui s’est passé.

Je n’ai eu le temps de rien faire. J’ai pourtant pris un plaisir tel que je ne me suis même pas rendu compte que cela faisait des heures que j’étais dans ce monde… paradoxalement assis seul devant mon écran d’ordinateur, comme tous mes compagnons de Jeu. Concentré sur les touches et les actions que je devais effectuer pour attaquer frénétiquement mes assaillants tout en veillant à bien attirer leur attention afin que je demeure leur unique cible et que j’encaisse tous les coups à la place de mes confrères. Pour ce faire, j’ai du « charger » au corps-à-corps sur mes ennemis tout en veillant à ce qu’aucun d’entre eux ne s’attaquent à mon « healer » sans lequel je ne pourrais rester en vie bien longtemps et qui me soigne au fur et à mesure que nous avançons et que ma vie diminue. Je comprends alors qu’il s’instaure quand même une sorte de sollicitude réciproque entre nous. J’ai alors utilisé le pouvoir « Grondement » qui permet de pousser un cri afin d’attirer l’attention et provoquer les ennemis de sorte qu’ils me prennent pour unique cible sans s’occuper des autres membres du groupe, garantissant ainsi la survie du reste de mes compagnons. Tel est mon rôle de « Tank » : ouvrir le chemin en tête, me jeter à corps perdu dans la mêlée, prendre les coups et encaisser pour les autres, attirer à moi les ennemis en gérant leur « Aggro », leurs colère et leurs attaques par mes rugissements hypnotiques pour protéger le reste du groupe.
En somme, je suis un attracteur d’attention, au point de rencontre entre les attaques et les soins.
Avec le temps, je me questionne sur cette position sacrificielle qui sous-tend mon choix pour ce rôle de tank : nom un peu frustre qui traduit à la fois une sorte de brutalité et de prévalence des instincts, mais aussi une certaine position de sacrifice et attirant à soi ce qui pourrais blessé les autres.

Pourtant, j’ai appris l’enjeu du jeu de groupe et notamment la question de la dépendance à mes dépends lorsque, emporté par la fougue de ma jeunesse à Wow, et l’assurance de mes nouveaux pouvoirs, je me suis laissé entraîné comme un ours enragé et que j’ai devancé tout le monde et me suis lancé seul face à une horde d’ennemis. Malgré mes aptitudes de « rage » et de « mutilation », ainsi qu’une vie plutôt importante, je n’ai pas pu tenir longtemps face aux groupes d’attaquants. Les instances obéissent à une sorte de préparation implicite des rôles de chacun et de la position dans l’espace : une logique que ma vitesse à fait avorter. Je suis aller trop vite, ils n’ont pas pu me suivre et j’ai trop anticipé ce qui pouvait éventuellement se passer. J’observais alors la descente rapide de ma barre de vie, ressentant alors subitement l’angoisse m’envahir en prenant conscience de ne pas avoir été suivi par les autres et notamment mon healer sur lequel je me repose pour récupérer ma santé plus rapidement.
Soudain, le contrôle de mon avatar s’est suspendu : le charme est passé et je retrouve ma forme initiale. L’ours massif et furieux, dynamique et plain d’entrain redevint instantanément le jeune Tauren sans défense que je vois s’étendre sur le sol, inanimé.
Je suis mort !

D’ordinaire, un message apparaît à l’écran et me propose de « libérer l’âme » de mon avatar afin de le dissocier de son corps. Je me retrouve alors dans un endroit non loin de celui ou j’ai chuté, face à l’ange de la mort et il m’incombe alors de diriger cette âme pour retrouver mon corps et ainsi pouvoir revenir à la vie. Je remarque que l’âme de mon avatar est une version éthérée de son corps, une sorte de « copie conforme » ou de double mais transparente. C’est la première fois que je joue à un Jeu vidéo proposant ce type de réincarnation « active ».

Cette phase du Jeu est tout à fait particulière pour quelqu’un qui n’a jamais joué à Wow. En effet, dans la plupart des Jeux vidéo, la mort est un phénomène dont le déroulement peut être plus ou moins variable et dramatisé tandis que le retour à la vie est vécu passivement et de manière presque automatique, ou du moins avec peu de décalage dans le temps. Il y a ainsi comme une rupture soudain dans le déroulement du Jeu et celui-ci reprends après avoir signifier au joueur qu’il a perdu. En revanche, rares sont les jeux qui proposent, à l’instar de Wow, d’allonger la phase de transition entre la mort et le retour à la vie qui représente alors, dans la plupart des jeux, le recommencement et/ou la poursuite de la partie, souvent depuis le début du niveau ou encore depuis l’endroit du « décès ». Je me souviens du Jeu vidéo Counter Strike, qui proposait le principe d’être un « fantôme » lorsque l’on était tué, et de devoir attendre le dénouement de la partie en cours, c’est-à-dire la mort de tous les membres de l’une des deux factions en rivalité, pour pouvoir revivre. Ici, le monde de wow durant cette phase intermédiaire entre la mort et la réintégration du corps présente une apparence différente qui me laisse supposer qu’il s’agit d’une nouvelle forme du Jeu dans le jeu. La première fois qu’une telle chose m’arrive, je suis dérouté sur l’instant car il va me falloir retourner sur le lieu précis de mon décès…comme un fantôme qui errerait en vain pour trouver le repos. Durant cette phase l’écran représente le monde de Wow tel qu’il est en temps normal mais à travers un prisme de couleur particulière entre le blanc et le translucide. Cette interface nouvelle m’évoque immédiatement ce que j’ai vu au cinéma dans la série le « Seigneur des anneaux » lorsque le héros, Frodon met l’anneau de pouvoir unique à son doigt et qu’il se retrouve dans un monde parallèle à la réalité ou plutôt le même monde vu sous un autre plan. En cherchant à « réintégrer mon corps » je remarque que certaines règles implicites du Jeu vidéo lorsque l’on est vivant, ne s’appliquent plus. D’une part, mon âme est plus légère et facile à manier, et d’autre part elle peut marcher sur l’eau. Je remarque également l’absence totale des ennemis : je suis seul, dans ce plan, seul à errer dans ce monde désert et de transparence… Je ne peux retrouver le chemin de la réincarnation qu’à l’aide de la boussole qui est située en haut à droite de l’écran, et qui m’indique à l’aide d’un signe, la direction à suivre pour retrouver mon corps. Déjà dans Counter Strike, le statut de « fantôme » c’est-à-dire de « mort jusqu’au commencement de la manche suivante » offrait la possibilité de traverser les murs ou de s’élever dans les airs sans tenir compte de l’apesanteur. Un fantôme pouvait également suivre un joueur-vivant ou se téléporter directement et successivement près des autres joueurs : gardant ainsi l’idée d’une présence/absence, un « Je te vois mais tu ne me vois pas » qui semble être l’ancêtre du Jeu de cache/cache. Cette propriétés donnait lieu à de nombreux détournement puisqu’un joueur devenu « fantôme » pouvait alors dénoncer la position d’un adversaire caché, voire même, et c’était souvent le cas, de celui qui l’avait tué juste avant.
La Mort dans Wow est représentée par un statut original qui se distingue de celui de Counter Strike sur plusieurs points. Certaines règles qui s’appliquent durant la partie de Jeu « vivant » sont suspendues mais le joueur reste soumis à certaines règles implicites qui donnent à ce statut de mort, une position particulière. Le joueur peut certes se déplacer plus vite et marcher sur l’eau mais il ne peut ni traverser les structures comme les arbres ou les montagnes ni s’émanciper de la Loi de l’attraction terrestre alors que l’âme a été « libérée ». La présence d’un corps à rechercher pour le réintégrer me fait penser sur le coup à quelque chose justement en lien avec l’attraction (la traction) du corps et son articulation.

Cette phrase de l’entre-deux entre le jeu en lui-même, avec la mort, et la reprise du Jeu en cours, m’évoque un sentiment de malaise et de mystère mêlé à une curiosité et un plaisir important.

Dans le cas du « rush » sur « l’instance », ma mort n’a pas eu le même dénouement. Je n’ai pas « cliqué » pour libérer mon âme. Mon Maitre a simplement utiliser son pouvoir de résurrection sur moi. Après quelques instants de « charge » du pouvoir, un message m’a informé que je pouvais être ressusciter…et si je souhaitais être ressuscité.
« J’ai alors quand même le choix ! » me dis-je… Dans l’instance, la continuité a été conservée…
Car après-coup, cette élan soudain pour m’attaquer seul aux ennemis était peut-être un moyen d’éprouver ma résistance et le risque de la perte du lien avec le groupe…Peut-être savais-je le risque que je prenais ? et pour le coup j’en était acteur…

Pendant tout ce temps de Jeu vidéo à wow, j’ai joué, parlé, crié, échangé, marché, couru, dansé, frimé, volé, applaudi par l’intermédiaire de mon Avatar. Pendant un moment même, je dirais que je n’aurais pas pu dire « par l’intermédiaire de » car j’ai été ErutanAcum, un Tauren-druide de la Guilde Ordalie, faisant office de « Tank ».

Pendant des heures j’ai fais partie de ce groupe tout en parlant en privé à certains membres de ce même groupe.

J’ai ainsi pu expérimenter des dialogues parallèles entre le privé et le public à travers le code de couleurs des textes, entre le groupe et l’individu, et éprouver ainsi la capacité de jouer…seul depuis chez moi mais en présence potentielle des autres, tout près mais tellement loin.

J’ai aussi rencontré de parfaits inconnus avec qui j’ai discuté un moment.

Dans tous les cas je joue à présent avec des personnes bien vivantes, quelque part en France, dont j’ai pu pour certaines d’entre elles éventuellement voir la photo mais que je n’ai jamais rencontré dans la réalité du monde physique, et que pour la plupart je ne rencontrerai peut-être jamais, excepté mon mentor et mon Maitre Ocakr.

Étrangement pourtant, le tutoiement s’installe rapidement et nous sommes amenés à échanger plutôt chaleureusement dans une sorte d’intimité surprenante, dérogeant aux règles d’éducation et de rencontre d’autres personnes dans la « vie réelle ».
D’ailleurs, le principe des générations est lui-même intégrer de manière singulière puisque l’un de mes Maitre est un enfant dans la réalité…

tel est mon ressenti lors de cette partie à Wow…

« World Of Warcraft »

« World Of Warcraft » : voilà bien un nom qui pendant longtemps a raisonné comme un mot magique entouré d’une aura de superstition tant il avait la capacité de solliciter chez les gens un engouement voire une attraction et une captation tout à fait surprenante autant que des réponses invitant plutôt à la réserve voire à la méfiance… C’est d’ailleurs toujours le cas actuellement puisque lorsque je me présente en tant que Psychologue clinicien joueur de WOW, je ne peux m’empêcher de repérer la réaction de surprise de mes interlocuteurs, y compris lorsqu’il s’agit de soignant ou de personnes à même de présenter une certaine ouverture d’esprit en termes de recherche…Dire que l’on est joueur de Jeu vidéo est encore synonyme d’absence de sérieux.

Sur l’invitation de B. Thiry et avec l’aide de Y. Leroux, j’ai intégré la Guilde Ordalie sur le serveur « Conseil des ombres », une Guilde de World Of Warcraft ouverte au sciences humaines au sein de la faction « Horde ».

Mais pour commencer par le commencement, je vais partir de ce premier message reçu de la part de B. Thiry qui m’invitait à participer à un projet de réflexion original et novateur sur les « M.M.O. » ou Jeu en ligne massivement multi-joueurs, et plus spécifiquement à World Of Warcraft, abrégé « Wow ». En lisant mon blog sur le numérique et les articles que j’y ai publié, B. Thiry s’était dit que ma participation serait intéressante compte tenu de ma profession mais également de ma position d’ouverture et de réflexion sur le Jeu vidéo.

Je vais alors tenter de détailler de la manière la plus précise possible ce que j’ai vécu, de l’intérieur, en terme d’immersion et d’interrogation et comment j’ai découvert progressivement cet univers étonnant et hypnotisant, depuis ma « naissance » en tant que nouveau joueur, jusqu’à présent.

Je suis de ces psychologues cliniciens qui ont joué de tout âge aux jeux vidéo.
Depuis l’âge d’à peine huit ans, j’ai côtoyé les jeux électroniques. J’ai eu pendant mon enfance le privilège d’avoir à la fois une initiation aux contes de fées, aux marionnettes et aux jeux traditionnels (jeux de cartes, jeux de l’oie, jeux de chevaux, peintures, dessins, décalcomanie, coloriage, pâte à modeler, contes pour enfants…) mais aussi à la culture japonaise adaptée aux enfants français (astro le petit robot, bioman, les maîtres du monde, transformers, saint seiya, dragon ball, Megaman…). Ceci m’a permis d’emblée d’avoir un rapport singulier aux machines et aux robots ou la technologie puisque les japonais transmettent à travers tous ces médias une vision différente qui s’éloigne de la représentation craintive encore très présente en occident… Très vite, j’ai développé une passion pour tout ce qui est informatique, robotique et  plus généralement pour la construction et l’invention à partir de pièces détachées et de modules s’apparentant à du matériel.
Il a été particulièrement intéressant pour moi de remarquer combien mon parcours de formation universitaire, et la déformation qu’il m’a imprimé, mais aussi le discours social et environnant sur les Jeux vidéo, m’avaient conduit progressivement à reléguer cette pratique au fond d’un tiroir mais jamais totalement oublié, voire un moment au fin fond, de ce que je pouvais dire lorsque j’évoquais mes centres d’intérêts. La formation universitaire semble, dans le domaine de la psychologie, conduire à une préférence pour le littéraire, le mot, ce que nous considérons comme des « relations humaines » et le « lien social ». Pourtant, j’ai appris tardivement que certains auteurs s’étaient penchés sur « l’environnement non-humain » et que des recherches intégraient de plus en plus la question de l’utilisation des objets numériques.
J’ai fini par mettre à jour cet intérêt et même parfois cette passion pour la technologie, le numérique et le jeu vidéo, assumant cet héritage en démarrant un travail de thèse sur les médiations numériques utilisées dans un cadre de soin psychique. J’ai cependant toujours conservé une position de suffisante distance pour ne pas tomber dans la tendance à vouloir faire à tout prix la promotion de ce type d’objet.
Lorsque je découvrais le Jeu en ligne massivement multi-joueurs, c’était par l’intermédiaire de ce que les médias mais aussi mes connaissances et amis m’en disaient. J’avais notamment rencontré un ancien chef de Guilde à WOW ainsi qu’un exécuteur qui dirigeait les Raids sur les instances. J’avais déjà compris que les Guildes étaient des systèmes d’organisation très structurés et complexes qui étaient bien loin de la description réductrice qui pouvait être faite des M.M.O. apparemment responsables de l’isolement sociale…et de toute la misère de la société. Pourtant, je restais pris par les a priori couramment diffusé ici et là au sein des médias mais aussi de la part même des « spécialistes » de la « santé mentale », qui par ailleurs n’étaient pas joueurs et n’avaient même curieusement jamais approché un Jeu vidéo. Sans doute parce qu’ils n’éprouvaient aucune affinités avec les objets numériques ou parce qu’ils ressentaient une résistances en eux qu’ils fallait écouter.

Tout en développant un travail de réflexion psycho-dynamique sur le Jeu vidéo, je me gardais à distance de ce phénomène « M.M.O. » qui ne cesse encore aujourd’hui de m’interroger tant le principe de la contrainte de connexion au serveur de l’éditeur du Jeu et que l’idée d’un paiement obligatoire d’un abonnement me semble « contraire » à l’esprit de ce qu’est le Jeu vidéo. A ceci près que cela peut venir signifier une résistance concernant la reconnaissance de la dépendance y compris dans le jeu et le partage de plaisir. Ceci suppose une ouverture sur une nouvelle proposition de définition afin de préciser ce que nous entendons par « Jeu vidéo ».

Après une brève hésitation, je me suis mis à commander les exemplaires de ce Jeu, y compris ses trois extensions officielles respectivement appelées : The Burning Croisade, Warth of the lich king, et Cataclysme.

La semaine d’attente fut longue. Je me demandais comment allait se passer ma découverte de ce jeu pourtant vieux de plus de dix ans…arrivant comme un nouveau-né dans un monde déjà largement exploré. J’étais impatient et je me mettais à rêver sur le futur univers que j’allais découvrir.

J’en avais entendu parlé :  les instances, les répétitions, les contraintes de la Guilde, la potentialité addictive, la facilitation du repli, la socialisation, l’univers infini, les classes, les factions, les Tank, les DPS, et les Healers…

Après une installation pénible et longue et une série de mises à jour toutes aussi importantes pour un Jeu qui, avant même de commencer, d’ores et déjà prend de la place sur le support de stockage, je débutais enfin…

Par chance, Y. Leroux m’a proposé de me « parrainer » afin que je puisse bénéficier d’un temps de découverte gratuit.

Après avoir activer mon compte sur le serveur de l’éditeur du logiciel et après avoir activer les codes de vérification du Jeu (une autre contrainte), je lançais la partie pour la première fois.

Je lance le Jeu vidéo qui s’ouvre sur une très belle cinématique d’introduction.

Puis, je tombe sur une page avec un énorme et menaçant dragon avachi sur ce qui ressemble aux restent des murs en ruine d’une forteresse.

J’accède alors à la page de choix de la faction après avoir de nouveau du entrer mon adresse de compte et mon mot de passe : pour le coup, je suis juste devant une forteresse pour entrer dans ce jeu bien gardé.

Dans World Of Warcraft, il existe deux factions qui s’opposent et se font la guerre sans que l’on puisse déterminer lequel de ces deux « camp » représente le bien et celui qui représente le mal. D’emblée, il est davantage question du sens que l’histoire prend pour chaque « races » prises à la fois dans des tourments internes allant parfois jusqu’au déchirement entre pairs, et des violents affrontement avec l’extérieur, l’autre faction : l’ennemi juré. Outre ce scénario très primaire, l’intérêt de wow se situe davantage dans l’aire intermédiaire qui existe entre les races appartenant à la même faction. C’est dans l’entre-deux-race, que le scénario prend toute sa profondeur puisque les jeux d’alliance, de trahison, de diplomatie de négociation et de lien inter-ethnique reflète la complexité des rapports à l’autre-semblable-différent de soi, tempérant ainsi un arrière-fond narratif tout à fait tranché et repris par l’interface même du Jeu. Il semble ainsi que sur une toile tendue et rigide se dépose une première couche assouplissant légèrement le support avant qu’un enduis ne marie le tout dans un subtil mélange donnant à ce Jeu vidéo une coloration tout à fait intéressante. Il me vient l’idée que ce Jeu vidéo reproduit même en terme de contenant différentes strates de l’histoire du rapport à l’autre : une position paranoïde d’attaque/fuite d’un ennemi, une position d’articulation avec différentes parties ayant chacune des fonctions précises en lien avec l’origine historique et spatiale de chaque race, et une position d’intériorisation supposant la gestion de conflits internes à un groupe.

A « l’Alliance » s’oppose la « Horde ».

L’alliance est composée des Humains, des Nains, des Elfes de la nuit, des Gnomes, des Dreneï, ainsi que des Worgens.
La Horde est composée des Orcs, des Morts-vivants, des Taurens, des Trolls, des Elfes de sang et des Gobelins.

Je parcours avec l’intérêt et le plaisir de la découverte les différentes petites images qui représentent chaque race et à côté desquelles se trouve un résumé de leur histoire.

Du bout de la main et avec la précision d’un peintre, je parcours la surface de l’écran à la recherche d’informations.

Lorsque je clique sur ces icônes, le personnage représentant la race apparaît et s’anime en mimant une attaque tout en restant sur place. Le graphisme est une peu décevant mais plutôt agréable à regarder. Je n’observe pas une représentation trop proche de la réalité perceptive puisque les couleurs et le style de dessins sont teintés d’une touche proche d’une bande dessinée. Je procède ainsi pour toutes les races, au départ indépendamment de leur position et de leur répartition entre Alliance et Horde.

Cependant, puisque la Guilde Ordalie appartient à la « Horde », je sais que je vais devoir choisir à contre-coeur, parmi les races disponibles dans la faction « Horde ». A l’origine je me serais bien vu « Humain » ou encore « Elfes de la nuit ».
Mon choix initial se portait sur les Humains car d’emblée il m’a semblé que l’analogie morphologique favorisait mon incarnation dans l’Avatar. C’est donc un choix logique, spontanée et proche de ce que je fais en générale lorsque je joue : m’identifier au personnage et enfiler ses vêtements. Les humains ont aussi dans certains Jeu l’avantage d’être présenté comme un peuple complexe, plutôt difficile à comprendre avec de nombreux périples et une grande variétés de choix de vie et de comportement.

Mon choix pour les Elfes de la nuit se comprends peut-être à travers la représentation que je me fais de cette « race » : un peuple de la nuit, magique, pouvant devenir invisible, se fondre dans la nuit, presque transparent et translucide mais sage. Un peuple à la recherche de la connaissance et d’une sorte d’existence harmonieuse et éthérée. Je me représentais cette race comme une race paisible, mystérieuse et énigmatique ayant des pouvoirs sur-humains tels que lire dans les pensées des autres et pouvoirs notamment parler aux animaux.

Je prends le temps de lire malgré tout l’ensemble des descriptions et des histoires car je joue toujours avant tout pour l’histoire c’est-à-dire pour entrer dans l’histoire mais aussi pour l’écrire. Il me semble que l’alliance se démarque de la horde par une côté franchement plus « lumineux » et moins tranché, ne serait-ce que par l’apparence des personnages et leur différences morphologiques et vestimentaires. Le terme même d’alliance m’évoque davantage celui d’une harmonie ou d’un « mariage » réussi. La Horde regroupe quant à elle des races tout à faits différentes qui pour certaines ne m’attirent pas du tout, et qui plus est, des races qui ne sont pas toutes de plus bien intentionnées. La Horde m’évoque aussi l’idée de quelque chose de moins harmonieux, de plus désorganisé et davantage pulsionnel et violent, un divorce consommé ou un mariage plutôt bruyant.

Etrangement, moi qui ne connais pas l’histoire au moment où je commence le Jeu, je me demande pourquoi ces deux factions se font la guerre ? : pourquoi cette mésentente originelle ? pourquoi cette lutte faite de conquête et de défaite, de legs de territoire et d’annexion ? Pourquoi par exemple les Elfes de sang appartiennent à la Horde tandis qu’ils sont proches des Elfes de la nuit en apparence mais aussi au fond sur ce qui les détermine ?

Après-coup, cette idée de l’Alliance et de la Horde me fais associer sur la Horde primitive dont parle S. Freud dans « Totem et Tabou » et que j’associe à mon vécu pendant « l’instance ». Mais je pense aussi à la guerre mondiale qui a vu s’opposer la « triple entente » à la « triple alliance » qui a déchiré l’Europe pendant des années du premier quart de vingtième siècle. Pourtant, l’histoire nous a montré que la différence d’appellation ne témoignait pas nécessairement de grandes différences sur le fond.
Je me questionne aussi sur cet univers familiale chaotique entre une alliance, promesse d’éternel, et une Horde qui serait dans l’instant. Alors, ce conflit de famille a peut-être bien pu me destiner à choisir le rôle que je prendrais dans le groupe.

Je remarque qu’il est possible de choisir son sexe : je choisi un avatar de sexe masculin car j’ai rarement pris plaisir à choisir un avatar de sexe féminin sauf dans Diablo II, ou alors sauf si celui-ci m’était imposé comme dans le jeu « Métroïd » qui met en scène une héroïne. De nombreux jeux vidéo qui mettent en scène le Héros m’évoque la représentation d’un homme fort et/ou puissant, qui parvient comme dans la mythologie, à défaire ses ennemis et la mort, contre toute attente. La civilisation de la Grèce antique nous en a légé de nombreux exemples…
Tout en parcourant les descriptions de races disponibles, je suis attentif à la spécialisation que l’on doit choisir.

En effet, j’ai en tête de jouer un « druide » comme j’ai pu le faire précédemment dans d’autres Jeux vidéo car pour moi le druide se rapproche le plus de la représentation que je me fais du personnage que je souhaite incarner c’est-à-dire de l’ensemble des représentations qui forme un tout avec lequel je m’identifie le plus facilement et avec lequel je me sens proche. Généralement, les Druides sont des êtres paisibles mais combattant. Ils sont proches de la nature et de la terre-mère, et ils vivent en communion et en co-habitation avec les animaux mais aussi avec les esprits. Il respectent leur héritage et se montre sage et soucieux de leur environnement et juste dans leur décision. C’est également un ensemble de valeur vers lesquels je tend personnellement, avec la reconnaissance d’une part d’idéal à la fois au sens de l’intellect mais aussi de quelque chose d’ultime à atteindre ou à retrouver.

Par le passé j’ai aimé joué des rôles de Paladin, de chevalier avec une épée : signe d’une position héroïque au sein de Jeu mettant en scène le sauvetage d’une princesse ou la réalisation d’une quête pour le bien commun et la justice. J’ai aussi joué Barbare ou guerrier mais le côté désorganisé et féticheur du combat me semblait éloigné de l’histoire tempérée d’un homme faisant son chemin. Bien que je sois de ces joueurs qui jouent aussi pour arriver à la fin et battre le Boss final, j’aime découvrir en profondeur l’univers dans lequel je m’immerge.

Or, je remarque que dans WOW certaines spécialités sont indisponibles à certaines races. Il faut donc pouvoir choisir à partir d’un double critère de choix qui détermine la direction que l’on souhaite donner à son personnage entre la race et la spécialité.

Parmi les spécialisations disponible de manière générale, wow propose : Guerrier, Paladin, Chasseur, Voleur, Prêtre, Chevalier de la mort, Chaman, Mage, Démoniste, Druide.

Je suis dans un premier tenté par les Elfes de sang parce qu’ils sont la race qui se rapproche le plus de mon choix initiale des humains et des Elfes de la nuit avec lesquels il partage à la fois une certaines physionomie et le nom. Je sélectionne la race en question et utilise les deux petites flèches situées en dessous pour le faire tourner sur lui-même et ainsi pour le voir sous tous les angles.

Cependant, le côté un peu trop lumineux, épuré et filiforme, féminin et proche de l’anorexie, des Elfes de sang ne me convient pas d’autant qu’il ne peuvent pas devenir Druide. Alors de toutes les autres races restantes, une seule retiens mon attention : les Taurens.

Les Taurens sont un peuples de créatures d’apparences bovine mais bipèdes, qui vivent en harmonie avec la nature et les animaux. Ces Grands Taureaux qui ne m’inspirent au départ pas l’envie d’y jouer, présentent un mode d’organisation qui rappelle celui des indiens d’Amérique avec une pointe de tradition celte. Leur apparence plutôt imposante et relativement impressionnante est tempérée par une sérénité et une forme de douceur.
Mon choix pour un druide s’explique aussi par une précédente expérience de Jeu vidéo au sein de l’univers de Diablo II qui m’a permis de découvrir ce type de personnage qui se caractérise par deux aspects récurrents. Tout d’abord, le druide présente toujours une faculté de transformisme/polymorphisme c’est-à-dire de la capacité de métamorphose donc de changement d’apparence à volonté et en fonction des situations rencontrées. Le druide est une classe de personnage qui se transforme en animal de type félin, loup, ours/grizzly, aigle ou corbeau. Il présente un lien d’affinité fort avec la nature, qui lui permet d’invoquer des esprits et de se faire accompagner par des animaux de la forêt. Il présente également parfois des capacités de régénération par la nature ou les plantes. Dans certains Jeu, le Druide peut également se spécialiser dans le contrôle des éléments c’est-à-dire dans la maîtrise des force de l’environnement qu’il peut plier à sa volonté. Enfin, le Druide est un des personnages qui peut s’avérer polyvalent malgré une expérience importante dans son domaine. S’il peut être guerrier, le Druide n’a pas nécessairement l’apparence d’un héros solitaire protéger derrière sa lourde armure impénétrable : il est plutôt sensible, intuitif et résistant.

Bien que j’ai expérimenté les position de Druide-élémentaires qui contrôle leur environnement, j’ai plutôt plaisir à jouer les métamorphe passant d’un genre à l’autre en fonction des circonstances et des personnages que je rencontre.

Je remarque qu’une fois la race choisit, seule la forme ou la nature de l’habit du personnage ainsi que l’objet qu’il tient dans sa main signalent visuellement la différence de spécialisation. Je m’attendais à davantage de différences au niveau de l’apparence. C’est-à-dire que j’aurais préféré que le tauren guerrier ne se distingue pas du tauren paladin que par la nature de son arme ou de la couleur de son vêtement.

Une fois mon choix fait, je modifie l’apparence de mon nouveau Tauren-Druide auquel je donne le nom de ErutanAcum qui est un mot composé de l’anagramme de Nature (Erutan) et le suffixe Acum, un suffixe d’origine gauloise qui signifie en langue gauloise et latin « sanctuaire » ou « l’origine familiale de quelqu’un ». Au départ, je comptais lui donner un nom et un prénom afin de marquer l’idée d’une filiation. Puis, j’ai trouvé intéressant de lié les deux notions dans le mot composé Erutan et Acum.

La personnalisation de l’Avatar se fait à travers plusieurs items : la peau, le visage, les cornes, la couleur des cornes et la pilosité.

L’Avatar Tauren-Druide porte par défaut une tenue marron et rouge pâle qui rappelle une tenue traditionnelle des indiens. Je choisis une couleur de peau proche de la mienne tout en prenant soin de l’accorder avec la couleur de l’habit de l’avatar. L’ensemble de la couleur donne une impression d’unicité plutôt que de contraste avec un timbre chaleureux et harmonieux. Mon choix est sous-tendu par une volonté de ne pas contraster entre la couleur de peau et la couleur du vêtement comme pour renforcer l’effet perceptif d’une continuité entre ces deux éléments de nature pourtant différente. Ceci donne l’impression que les vêtements sont au plus près du corps ou issus de la peau.

Je choisis des traits du visage plutôt fins et peu agressifs avec une impression qui me semble plus interrogative et accueillante que menaçante. L’apparence du Tauren participe déjà à un style plutôt imposant voire effrayant.
Pour ce qui est des cornes, je teste les différentes représentations proposées afin de les appliquer instantanément sur le modèle que je perçois face à moi. Je retiens immédiatement la seule forme qui sort du lot : celle qui représente l’une des cornes cassées. Je refait un tour des différentes possibilités avant de revenir sur mon choix initiale : je note au passage l’immédiateté des changements souhaités et décidés par une simple pression sur une touche mais aussi la capacité à revenir en arrière sans conserver la trace de ces changements. Mon Tauren, moi-Tauren-druide, serait avec une corne brisée. J’imagine le scénario de cet accident. Il aurait voulu s’affronter à un groupe plus fort que lui, et notamment à un autre plus important. Autre version : sans écouter les conseils, il se serait jeté à corps-perdu dans une aventure qui le dépasse et y aurait laissé des plûmes. Enfin, il aurait pu également s’être fait couper la corne soit en signe de défaite en duel ou plutôt encore comme rite d’initiation signant sa maturité : « pour ne pas casser sa pipe en allant au casse-pipe ». Ainsi la coupure et non la cassure de la corne aurait été volontaire, en guise d’un signe d’affiliation. Ceci me fais associer sur ma première leçon avec le Maitre de la Guilde qui m’a accueils et enseigné et qui est lui-même Tauren. Après m’avoir appris à « parler Tauren » il m’a proposé de me mesurer à lui. J’ai naturellement tout mis en œuvre pour le battre mais sans succès. Nous avons alors pu parler de l’avenir qu’il voyait pour moi, peut-être un jour l’un des plus puissants Tauren-druide-tank.

Concernant la couleur des cornes, je choisis la couleur la plus douce qui rappelle celle de la peau.

Pour ce qui relève de la pilosité, je décide de doter mon Avatar de quelque chose qui ressemble à ma physionomie : il portera une barbe naissante mais pas d’anneaux dans le nez ou objets de la sorte car j’ai pris partie pour une immersion au sein d’un univers, comme un anthropologue, et dans la peau d’un Avatar dans lequel je serais à l’aise et sur mesure.
Pas de cheveux longs ou de style trop extravagant. Un style sobre, plutôt épuré mais dans lequel je me re-trouve.
Il n’y a plus qu’à cliquer sur le bouton « accepter » pour que la partie commence…

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