ENTREE EN MATIERE… …LA PSYCHOLOGIE

ENTRÉE EN MATIÈRE…                            …LA PSYCHOLOGIE

PREMIÈRE ENTRÉE EN MATIÈRE : LA DÉCOUVERTE DE LA PSYCHOLOGIE

Mise en situation

Ceci étant dit, je vais vous demander avant toute chose de vous lever…

(Attendre que les élèves se lèvent…si nécessaire prendre une posture autoritaire et ne pas hésiter à patienter et à insister sur cette demande).

Maintenant asseyez-vous…

(Attendre qu’ils se soient tous assis).

Constats

Voilà, en guise d’entrée en matière, nous venons de faire une première expérience ensemble, une expérience simple en psychologie, directement appliquée au groupe, d’une situation de soumission à l’autorité qui est un processus plus ou moins conscient que nous étudierons plus en profondeur notamment lorsque nous aborderons les grands concepts de la Psychologie sociale mais aussi les mécanismes d’adaptation en Psychologie de la santé ou encore le concept de représentation en Psychologie cognitive, et enfin de désir et de pulsion en Psychologie clinique.

Commentaires

Ici, nous pouvons remarquer ensemble qu’il s’agit d’une autorité supposée et implicite du fait d’un contexte particulier qui veut que vous soyez là pour apprendre, donc que vous soyez dans une position de désir de quelque chose, en l’occurrence au moins de désir de réussir votre cursus en validant vos connaissances par un examen. Quant à moi, la situation actuelle veut que je sois là pour vous enseigner, c’est-à-dire, que je sois ici en tant qu’enseignant ou formateur, détenteur d’un savoir et que je sois amené à vous transmettre quelque chose que vous allez progressivement vous approprier. Par conséquent, le cadre, le contexte de ce cours ainsi que les normes et les règles implicites qui organisent nos rencontres successives vous conduisent à être et à vous mettre dans une position ou dans un rôle de réception et d’écoute attentive, ce qui suppose implicitement une certaine forme de « soumission ». Vous vous comportez plus ou moins consciemment en étudiant car c’est de cela dont il s’agit ici et c’est ce qui est attendu et souhaité de vous dans ce cadre précis de formation. Tandis que je suis supposé détenir le savoir, posséder une certaine forme de pouvoir, et que je vous transmette des connaissances, ce qui ma place implicitement dans une position d’autorité et de supériorité manifeste…j’ai bien dit manifeste…
Remarquons également au passage que nous ne pouvons pas déterminer précisément si cette asymétrie de position relève de mon fait ou du votre. En effet, les choses sont instaurées ainsi du fait du cadre qui nous entoure.
Il va sans dire que je vous demande et vous engage à m’écouter en silence et attentivement.

DEUXIÈME ENTRÉE EN MATIÈRE : LA PSYCHOLOGIE AU QUOTIDIEN

Mise en situation

Ensuite, je vais vous demander de bien vouloir éteindre vos portables…

(Les inciter à éteindre leurs portables, si nécessaire de manière autoritaire et froide).

Constats

En guise de seconde entrée en matière nous pouvons repérer de nombreux éléments simplement en observant nos propres réactions et les effets de mon discours sur votre comportement.
C’est-à-dire que les mots que j’ai utilisé autant que la forme, la manière de présenter les choses ainsi que la contexte dans lequel ma demande a été faite ont un effet sur votre réponse.
D’une part, nous pouvons remarquer que vous avez réagi de manière différentes les uns des autres.
Certains d’entre vous ont pu ne pas répondre à ma demande du fait de l’expérience précédente…et de ce que vous avez décidez en réaction à l’autorité supposée que j’exercerais sur vous.
Ainsi, nous pouvons entendre que des mécanismes sous-jacents ont été sollicité et que vous avez pu d’abord focaliser votre attention sur ce que je disais auparavant, puis enregistrer l’expérience précédente, la mémoriser, et la réactualiser de manière associative c’est-à-dire la rappeler en mémoire. Ensuite cela suppose que vous ayez pu faire le lien au moment où je me suis mis à parler, afin que vous puissiez vous apercevoir d’une similitude entre mes deux demandes, puis que vous ayez pu construire un raisonnement vous permettant de vous rendre compte peut-être qu’il s’agissait là encore d’une autre épreuve de soumission à l’autorité.
Que votre choix d’éteindre ou non votre portable ait été entièrement réfléchi ou non, cette petite séquence révèle l’existence de tout un circuit complexe de l’information, depuis la réception de mes paroles, de leur traitement, à la décision d’action que nous explorerons plus en détails lorsque nous nous pencherons sur la Psychologie cognitive.
Peut-être que certains d’entre vous, un peu perdus, ont regardé autour d’eux ce que les autres faisaient et de comment ils réagissaient avant de se décider eux-mêmes à agir ou non… Ils se sont ainsi conformés à ce qu’ils observaient alors autour d’eux et dans le groupe. Ces processus que l’on nomme l’imitation, le mimétisme le conformisme et l’identification disposent de racines profondes dans le phénomène de groupe dont certaines lois relèvent à la fois de la Psychologie sociale et de la Psychologie clinique et des enjeux d’appartenance à un groupe et de conformité à une norme.
Mais peut-être que votre décision a pu s’opérer également à partir d’une tendance, ou d’une habitude que vous avez acquise au cours de votre vie, et qui est en lien avec votre rapport à l’autorité de manière générale. Ceci rejoint les enjeux du développement de la personnalité et de la manière dont nous avons tous singulièrement intégré les règles sociales et de comment nous nous positionnons alors en tant qu’adultes face à des situations inconnues.
D’autre part, que l’on ait éteint son téléphone portable ou non, nous pouvons nous demander tout simplement si nous pouvons encore nous passer de nos téléphones portables et de nos objets numériques dont nous sommes devenus pour beaucoup plus ou moins dépendants, qui nous rendent bien des services et qui nous donnent l’illusion et le fantasme d’être reliés aux autres en permanence et de faire partie d’un groupe ou d’une communauté en niant pourtant le fait que nous sommes bel et bien séparés. D’ailleurs au passage, peut-être que nous sommes pour la plupart possesseurs d’un certain type de téléphone à la point de la technologie, les « téléphones intelligents », ou d’une certaine marque de téléphone « à la mode », signalant ainsi une appartenance à un ensemble de représentations qui ont été construites entre autres par les fabricants de téléphone…et qui nous ont conduit à les acheter.
L’utilisation du portable peut être une stratégie de défense contre l’angoisse, la peur, l’anxiété de nous sentir éloignés de ceux que nous aimons, ceux à qui nous sommes attachés et avec lesquels nous sommes en relation. Nous avons alors peut-être besoin de juguler et de contenir ce qui nous affecte soudain lorsqu’il est question d’être déconnecté du monde virtuel et de nous sentir bien seuls et/ou abandonnés. C’est ce qui fait que nous regardons alors régulièrement notre téléphone en constatant que personne ne nous a laissé de message et que nous nous disons avec une pointe d’humour « ah ! je n’ai pas d’amis… ». Peut-être avons-nous ressenti alors une gêne à l’idée d’éteindre le portable comme si nous étions pris d’une sorte d’angoisse soudaine…un signe ou un « signal » qui vient nous signifier que quelque chose n’allait pas. Et quelque chose semble nous pousser à l’utiliser ce téléphone, et dans le cas présent à vouloir le garder allumé. C’est presque plus fort que nous parfois… il faut le regarder, il faut voir ce que les autres ont commenté de nous sur les réseaux sociaux où certains d’entre nous ont posté au fur et à mesure de la journée, des nouvelles de ce qu’ils faisaient. Certains vont jusqu’à commenter leurs moindre activités de la journée : « je suis sorti », « je manque un gâteau », « quel sale temps aujourd’hui ! »…comme si nous avions un désir de faire savoir au premier venu nos états d’âmes…et de partager avec l’autre dans l’anonymat facilité par l’écran.
Alors peut-être que certains pourraient vouloir écrire à un collègue à l’autre bout de cette salle ses impressions sur ce début de cours…comme pour partager dans l’instant un sentiment. Avoir ce téléphone allumé, avec tant d’amis sur Facebook, et tant de choses à partager, cela nous rassure. Et parfois ce qui compte n’est pas d’avoir un retour positif, mais d’obtenir une réponse quelque soit sa nature. Grâce au téléphone portable connecté en permanence sur les réseaux sociaux numériques nous pouvons dire ce que nous aimons ou pas, ce que sont nos projets et nos rêves…Nous pouvons communiquer de nous au reste du monde. La manière dont nous nous défendons de ce quelque chose qui nous pousse, « ça nous pousse », l’angoisse face à ce qui nous affecte dans le lien avec les autres et dans les différents types de relation que nous avons, dont nous parlons et dont nous avons besoin pour partager ce que nous ressentons, ce désir et ce besoin qui nous poussent à vouloir et devoir extérioriser à la face du monde nos états d’âme et dire quelque chose de cet intérieur, de ce qui se passe en nous et d’en avoir une réponse relève de la Psychologie clinique.

Commentaires

Quelque soit la réaction que vous ayez eu, que vous ayez « obéi » en éteignant votre téléphone ou que vous ayez refusé, nous pouvons remarquer sans jugement que la situation précédente à eu un effet sur votre comportement ultérieur…autant que ce que je viens de vous dire à un effet sur vous au sens où il peut solliciter des images ou des scènes que vous voyez alors en écho aux situations que je viens d’évoquer. Vous vous êtes reconnus dans certaines anecdotes. Un Jeu s’est donc instauré à partir de nos représentations et de ce qui en nous vient résonner.
La forme de ce travail d’écoute, cette observation bienveillante et sans jugement ainsi que le contenu de cette observation sur notre rapport au numérique relèvent également de la Psychologie clinique qui s’intéresse à l’effet de ce que nous disons et le retour que nous en avons de l’autre et de la manière dont ceci parle de nous et en nous.
TROISIÈME ENTRÉE EN MATIÈRE : LA PSYCHOLOGIE AU PRÉSENT

Mise en situation

A présent, et puisque je l’ai fait moi-même au début de ce cours…quelqu’un veut-il se présenter au reste du groupe ?

(Inviter certains étudiants à bien vouloir se présenter).

Constats

Encore une fois, nous avons affaire ici soit à des effets de la première consigne que je vous ai posée, soit à une réaction à la succession de descriptions que j’ai fait des phénomènes auxquels nous avons affaire en psychologie et dans lesquels nous sommes tous pris, y compris maintenant, soit à une réaction qui dépend de l’effet même d’être en groupe et de nos position personnelles et individuelles de notre rapport au groupe…l’approche scientifique de la psychologie est de considérer tous ces points de vue en même temps et en parallèle.
La psychologie c’est peut-être même tout ça en même temps…
Bien sur il ne s’agit pas de tout interpréter et de voir du sens partout. Mais nous pouvons tout de même réfléchir à ce qui nous affecte lorsque nous nous trouvons seuls en présence du groupe pour se présenter.

Commentaires

Le refus, l’angoisse ou au contraire le désir, le plaisir, l’exaltation et la facilité à se présenter ainsi, seul devant un groupe si important est lié à des effets que le groupe exerce sur nous-mêmes à notre insu, sans que nous le sachions ou du moins alors que nous pensons l’ignorer, c’est-à-dire inconsciemment, et la manière dont nous nous percevons en lien avec les autres…
Ceci dépend de notre histoire depuis les prémisses de notre existence et des personnes que nous avons rencontrés tout au long de notre vie et en héritage de ce que nous avons construis dans nos rapports successifs, répétés, accumulés et que nous avons intégré de nos liens avec notre entourage, en fonction de l’environnement au sein duquel nous avons grandi.
C’est ainsi que certains d’entre nous n’éprouvent aucune difficultés à parler en groupe, à exprimer leurs opinions, à échanger sur un sujet tandis que d’autres se trouverons inhibés, presque pétrifiés ou tétanisés et incapables de pouvoir parler, même si nous le souhaitons. Rien que l’idée de devoir se plier à cet exercice peut solliciter de l’angoisse voire même des réactions corporelles telles qu’une augmentation du rythme cardiaque. Nous nous sentons alors fébrile, « stressés », en sueur, « en panique » comme nous l’entendons parfois dire et rougit par la gêne.
Et finalement nous ne savons que dire.
Un autre point important au sujet de ma demande de présentation de la part de certains d’entre vous ici concerne ce qui renvoie justement ma question : nous nous intéressons à un processus en train de se dérouler puisque je vous invite à réfléchir avec moi sur les effets en temps réel, dans le ici et maintenant ou le hic et nunc de notre rencontre pour ce cours magistral…
Ceci est encore en lien avec ce que nous apprend la Psychologie clinique.

Voilà, nous venons d’ores et déjà de faire l’expérience d’un travail de réflexion rattaché à la psychologie et d’une introduction à ce qu’est la psychologie dans son aspect le plus pratique, le plus intéressant et le plus accessible.

Cependant, comme il vous faut également des notions plus poussées sur lesquelles vous appuyer dans votre future pratique, je vous propose un petit avant propos qui vous permettra de resituer ce cours dans votre cursus de formation et d’en dégager les enjeux avant d’introduire effectivement le cours qui pourra par certains aspects vous sembler très théorique par moment mais que je m’efforcerais de vous rendre simple d’accès et intéressant.

Je vous propose un petit avant propos afin de situer ce cours dans votre parcours de formation et pour que vous disposiez des informations nécessaires à sa compréhension.

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