Héros sur le Divan : les Tortues Ninjas ou « Teenage Mutant Ninja Turtle » – Cowabunga !

Héros sur le Divan : les Tortues Ninjas ou « Teenage Mutant Ninja Turtle » – Cowabunga !

Dans la rubrique « Héros sur le divan », je vous propose de nous intéresser à des « Héros » qui sont, à l’heure actuelle, passés au second plan, après une période d’apogée en termes de popularité, et après une tentative de mise au gout du jour il y a de ça quelques années et un renouveau en cours encore timide.

Nous nous intéresserons à des personnages un peu oubliés à la lumière de la constatation d’un certain déclin de ce genre de « Héros » qui n’ont d’humain que la forme à contrario des héros « modernes », (nouveaux ou anciens remis au gout du jour), qui sont à peu près tous, en tous cas pour ceux que nous rencontrons régulièrement sur les écrans de cinéma, les films d’animations, dans les dessins animés ou encore dans les bandes dessinées les plus populaires, des êtres humains dotés de capacités ou de pouvoirs spéciaux qui les distinguent du « commun des mortels ».

Nous seront donc loin des mythiques héros des firmes américaines Marvel ou DC comics, loin des héros nés au pays du soleil levant tels que « Saint Seiya » ou « San Goku », et encore plus loin des nouveaux héros tels que « Naruto », « Sacha » des pokémons, Harry potter etc…

Le phénomène d’américanisation et de japanisation de la bande dessinée et du dessin au sens de la structure de l’œuvre et de la technique du tracé et de la mise en forme, nous amène à nous pencher notamment sur une refonte de la bande dessinée et du mythe de ces « héros » réécrit sans cesse en fonction des besoins, de l’atmosphère et de l’idéologie dominante de l’époque et de la société dans laquelle ils reprennent forme et retrouvent une nouvelle jeunesse. Cette « mise à jour » de certains héros passe dans de nombreux cas par le recours au numérique au point que certains « héros » qui  passent par le cinéma inspirent, notamment par le phénomène de condensation propres au format cinéma, des histoires alternatives à celle écrite sur leur support d’origine.

Nous allons nous intéresser ici aux « Tortues Ninjas » appelées dans leur version originale « TMNT » c’est-à-dire les « Teenage Mutant Ninjas Turles » (les Tortues Ninjas adolescents-mutants) à travers l’analyse progressive de cette œuvre, à la charnière justement entre la bande dessinée, le dessin animé, le cinéma et le Jeu vidéo.

En effet, nous pouvons remarquer que le phénomène « Tortues Ninjas » figure parmi les premiers à être historiquement à la charnière et dans un va-et-vient entre la bande dessinée dont il est issu, le dessin animé qui la popularisé auprès d’une population d’enfant dans les années quatre vingt, le Jeu vidéo sur différentes plateformes qui les ont rendus mondialement connus, le Jeu de rôle, ainsi que le film qui les a consacré malgré un relatif succès de ces adaptations cinématographiques.

En effet, les « Tortues Ninjas » représentent l’un des premiers éléments qui ait été transversale entre le dessin animé regardé, la bande dessinée lue/regardée, les images collé dans les albums de vignettes autocollantes, le Jeu de rôle mis en scène, le film regardé, et le Jeu vidéo joué.

Les Tortues Ninja : présentation multi-support

voici un bref rappel historique de l’évolution du Phénomène TMNT depuis sa création jusqu’à une période contemporaine.

Origine

Les Tortues Ninjas ou Teenage Mutant Ninjas Turtles (TMNT) est à l’origine une bande dessinée américaine créé par deux scénaristes : Kévin Eastman et Peter Laird. Cette bande dessinée originale et à tonalité plutôt sanglante s’adresse davantage à une population d’adolescent voire de jeunes adultes. Il s’agissait au départ d’un volume unique à vocation parodique, notamment vis-à-vis d’autres comics américains déjà assez connus à cette époque. Devant l’engouement des lecteurs, les auteurs se sont ensuite attelés à le transformer en une série de comics longue.

1987 : « les Tortues Ninjas : les chevaliers d’écailles », premiers pas à la télévision

Vers la fin des années quatre vingt, cette série a été adaptée pour les enfants, notamment en subissant un allégement de sa tonalité dramatique et de son atmosphère sombre, sans doute plus parlante pour des lecteurs-adolescents que pour de jeunes téléspectateurs. Cette série fut diffusée sur les écrans de télévision à partir de 1987 sous la forme d’un dessin animés intitulé « Les Tortues Ninjas : les chevaliers d’écailles ». Cette première série animée de cent quatre vingt treize épisodes de vingt cinq minutes s’achèvera en 1997 au termes de dix saisons.

Avant d’être dépassée par la série américaine « Les Simpsons » de Matt Groening, elle a été la série animée à avoir le plus de succès.

Cette introduction de la bande dessinée sur les écrans de télévision représente la début de la transition progressive du dessin animé vers la série animé puis le film animé. Elle s’inscrit dans la mouvance de cette époque qui a vu un nombre important de livre ou de bandes dessinées, être adapté à la télévision, notamment les Mangas Japonais.

1989 : « Teenage Mutant Hero Turtles », l’entrée fracassante dans le Jeu vidéo

Dans la fin des années quatre vingt/début des années quatre vingt dix, nous avons pu voir à la télévision le publicité pour le nouveau coffret Jeu vidéo « Tortues Ninja ».

Le premier Jeu vidéo – les Tortues Ninjas -, intitulé « Teenage Mutant Hero Turtles » sort en 1989 sur les nombreuses plateformes de Jeu vidéo de l’époque (N.E.S., Amiga, Amstrad CPC, Atari ST, C64, DOS, MSX, ZX Spectrum).

Il s’agit d’un Jeu vidéo à mi-chemin entre le jeu de plateforme et le Beat’m all en deux dimensions présentant l’originalité de recourir alternativement à plusieurs modes de point de vue. Tantôt le joueur est face à un Jeu classique selon un scrolling horizontal avançant de droite à gauche ou de gauche à droite, tantôt le joueur doit effectuer des déplacements de son personnage « en vue du dessus » ou « vue aérienne »,  en remontant de niveau ou d’étage à l’aide d’échelle. Ce Jeu introduit donc une dimension d’itinérance et d’emboitement d’un niveau en deux dimension à l’intérieur d’un niveau « du dessus ». Les deux dimensions s’entendent donc ici comme réversibles entre un Jeu selon une coupe latérale, de profil, et une coupe plus transversale, par le haut. Outre cette singularité au niveau du décor et du moteur du Jeu, ce Jeu vidéo présente également un style de Jeu nouveau : en cours de partie, le joueur peut mettre le Jeu en « pause » afin de choisir une autre « Tortue ». Ceci permet de rallonger considérablement la durée de vie, puisque l’on peut jouer les quatre Tortues dans une même partie avant de perdre. Ensuite, cela suppose de pouvoir « jouer » avec les différentes qualités des quatre héros qui se distinguent à l’époque essentiellement par leur maniement d’une arme singulière dont la portée dépend de la forme.

Ce Jeu vidéo représentait pour beaucoup de jeunes enfants la première fois un Jeu vidéo intéressant, avec des couleur vives, et une maniabilité apparente que l’on nomme par la suite Gameplay. Les graphismes étaient tout simplement somptueux, les bruitages surprenants, la musique entrainante et la liberté de Jeu incroyable pour cette époque.

La même année ce Jeu vidéo sort sur borne d’arcade à travers deux Jeux : « Teenage Mutant Hero Turtles II : The Arcade Game » et « Teenage Mutant Hero Turtles : The coin-op !« . Ces deux Jeux vidéo introduisent une dimension de profondeur puisque le personnage à l’écran peut être déplacé également plus en profondeur du décor. Ce qui complexifie les déplacements et ouvre sur un maniement plus proche d’une réalité perceptive.

1990 : « Teenage Mutant Ninja Turtles », ouverture sur la portabilité

Au début des années quatre vingt dix, ce phénomène se transfert au cinéma avec l’apparition du premier film « Les Tortues Ninjas » en 1990 et avec la même année l’édition du premier album Panini d’images à collectionner et à coller intitulé : « Tortues Ninjas« .

Parallèlement, le Jeu vidéo s’exporte sur la console portable de Nintendo Game boy sous le titre de « Teenage Mutant Ninja Turtles : Fall Of the Foot Clan » qui reprend les principes du premier Jeu vidéo de 1987 mais en introduisant quelques variations quant aux attaques possibles ou au niveau de « stages bonus » que seuls les joueurs chevronnés pouvaient découvrir en cours de partie.

L’année 1990 marque ainsi le début d’une recherche de portabilité du Jeu vidéo qui se fait écho notamment de l’amélioration de la miniaturisation des composants électronique amorcé déjà une génération auparavant.

1991 : « TMNT », la floraison des supports de diffusion

Conformément à la tendance de l’époque à faire des suites de films d’action (rambo, terminator, rocky, Die hard…) sort en 1991 le film « Les Tortues Ninjas 2 » au cinéma, accompagné cet fois presque immédiatement de son album d’images dédié à collectionner et à coller. Dans la même mouvance sort le Jeu vidéo « Teenage Mutant Ninja Turtles II : Back from the sewers » sur console portable Nintendo Gameboy, le Jeu vidéo « Teenage Mutant Ninja Turtles II : Turtles in Time » sur borne d’arcade, le Jeu vidéo « Teenage Mutant Hero Turtles IV : Turles in Time » sur console de Jeu Supernintendo et enfin le Jeu vidéo « Teenage Mutant Ninja Turtles III : The Manhattan Project » sur console de Jeu Nintendo N.E.S.

Ces jeux vidéo introduisent de nouvelles capacités telles que les projections ou certains mouvements plus complexes tels que la glissade/balayage.

Nous pouvons remarquer que le jeu se stylise sous la forme du Beat’m all d’arcade

Nous sommes ici entré dans une période assez courte ou la licence de la série commence à être bien rodée et étendue à tout les supports de communication existants.

1992 : « Les tortues Ninjas », ouverture à la concurrence

En 1992, en pleine période politique d’ouverture sur la mondialisation et l’ouverture à la concurrence, la franchise « Les Tortues Ninjas », qui était jusqu’alors une exclusivité Nintendo, se déplace chez la concurrence pour sortir sur console Megadrive de SEGA sous le titre : « Teenage Mutant Hero Turtles : the hyperstone Heist« . Ce jeu marque clairement le style arcade avec une floraison de nouveaux ennemis présent en nombre et une diversification des coups et ataques possibles.

L’année 1992 marque paradoxalement un essoufflement de la série.

1993 : « TMNT » : un chant du cygne ?

En 1993, un léger rebond s’observe à travers la sortie du film « Les Tortues Ninjas 3 » au cinéma, la sortie en parallèle d’un nouvel album d’image autocollant Tournon intitulé « Tortues Ninjas« .

L’essor considérable du « jeu de baston en 2D » conduit les développeurs à proposer une nouvelle forme de Jeu vidéo les Tortues Ninjas. Ainsi, voient le jour deux Jeux vidéos : « Teenage Mutant Hero Turtles : Tournament Fighters » conjointement sur console SEGA Megadrive, Nintendo N.E.S. et sur SuperNintendo, et « Teenage Mutant Hero Turtles III : Radical Rescue » sur console portable Nintendo Gameboy.

« Teenage Mutant Hero Turtles : Tournament Fighters » est directement inspiré de la mouvance Street Fighters tout en gardant une pointe d’humour propre au dessin animé. Il s’agit d’ici d’un Jeu de « baston » permettant tout de même de jouer un mode « histoire ». Ce Jeu tire également partie de l’avènement des Furies dans les jeu vidéo en proposant une « super attaques » dévastatrice pour chaque personnage.

Après 1993, il faudra attendre 2003 pour entendre de nouveau parler des Tortues Ninjas qui vont réinvestir tous les supports précédemment abandonnés.

1993-2003 : l’entre-période silencieuse

Entre 1993 et 2003 nous pouvons remarquer un essoufflement tout à fait important de ce phénomène Les Tortues Ninjas qui étaient jusqu’en 1997, la série préférée des téléspectateurs avant d’être détrônée par les « Simpsons ».

Le passage de l’univers en deux dimension à l’univers en trois dimensions semble avoir pris beaucoup de temps.

Nous ne trouvons en effet pas de jeu ou d’animation des Tortues Ninjas durant l’avènement des graphismes polyphoniques introduis notamment par la console Playstation.

2003 : « TMNT », un retour aux sources ?

L’année 2003 est marquée par le retour d’un nouveau dessin animé plus travaillé graphiquement et plus proche de l’esprit du comics originale. Cette bande dessinée plus violente et sombre quant à son atmosphère redonne une place à certains éléments significatifs qui avaient été « toilettés » à l’époque du premier dessin animé, notamment pour des raison de public. Les graphismes sont plus assombris, plus carré et moins doux à regarder. Les caractères des personnages sont beaucoup plus développés et travaillés.

Cette nouvelle mouture des « Tortues Ninjas » reflète la mouvance que l’on peut observer depuis le début des années deux milles à savoir une mise en perspective et un creuset des aspects les plus graves et sombres de la plupart des personnages et vers davantage d’action.

Simultanément est édité un nouvel album d’image à collectionner suivant la nouvelle série animée et intitulé : « Tortues Ninja« .

L’année 2003 est aussi marquée par la sortie d’un nouveau Jeu vidéo intitulé : « Teenage Mutant Ninja Turtles » qui reprend le nom originale de la série de Jeu vidéo lancé en 1987. Ce titre est sortie sur la plupart des supports existants et chez trois acteurs principaux du Jeu vidéo (La Nintendo Gamecube, La Playstation 2 de Sony, la Xbox de Microsoft, sur Ordinateur Windows, sur console portable Gameboy Advance).

Ce jeu vidéo introduit notamment la trois dimension ainsi qu’un graphisme se rapprochant du dessin.

2004 : « TMNT », recommencement d’une régularité de création

En 2004, le Jeu vidéo fait un pas en avant avec la sortie de « Teenage Mutant Ninja Turtles 2 : BattleNexus » sur console Playstation 2 de Sony, Xbox de Mircosoft, sur ordinateur Windows, ainsi que sur console portable Nintendo Gameboy advance.

Ces jeux permettent de jouer à plusieurs simultanément, dans l’ère du temps des consoles de Jeu vidéo qui se font dorénavant multi-joueurs. Cette particularité offre la possibilité de jouer simultanément avec la même Tortue Ninja.

De plus, le style de combat des Tortue est tout à fait singulier à chacune.

2005 : « TMNT », nouveau mode de Jeu

En 2005, le Jeu vidéo intitulé « Teenage Mutant Hero Turtles III : Mutant Nightmare« .

2006 : « TMNT », migration sur de nouvelles plateformes

L’année 2006 marque le tournant de l’exportation du jeu vidéo sur nouveaux supports de stockage et de Jeu vidéo en proposant le titre « Teenage Mutant Ninja Turtles Fast Forward : Ninja Training NYC » sur téléphone portable.

2007 : « TMNT : Les Tortues Ninjas », le renouveau de l’animé

L’année 2007 marque le retour d’une exploitation de la série sur différents supports de stockage après l’introduction du téléphone portable comme support numérique de Jeu vidéo.

C’est ainsi que sort une nouvelle série animée intitulé : « TMNT Les Tortues Ninja« . Il s’agit d’une série qui se distingue nettement du dessin animé à proprement parlé puisqu’elle fait appel à un dessin numérique en image de synthèse assez similaire sur le fond à la série « Star Wars : la guerre des clones ». Ce long métrage d’animation en image de synthèse explore de nouveau aspect des personnage mais aussi et surtout de l’environnement.

De nouveau cette année là sort le titre « TMNT : Power of 4 » sur téléphone portable.

Du côté des consoles de Jeu vidéo, nous assistons à la sortie du Jeu vidéo « TMNT : Les Tortues Ninja » sortie sur la console de Jeu vidéo PS2 de Sony, la Xbox360 de Microsoft, sur ordinateur Windows, ainsi que sur les consoles portables Nintendo Gameboy Advance, Nintendo Gameboy DS et PSP de Sony.

2012: TMNT

Il existe plusieurs versions de l’histoire de la naissance des Tortues Ninjas.

et un long métrage d’animation en images de synthèse sortit le 30 mars 2007 aux États-Unis.

Première version de l’Histoire : un aspect de comédie

Bien qu’il existe plusieurs versions de l’histoire de la naissance des Tortues Ninjas, je me suis surtout intéressé, au départ, à celle qui a été transmise par les épisodes successifs de  la série de télévision « Les Tortues Ninjas : les chevaliers d’écailles » que l’on a pu regarder à la télévision à partir de l’année 1987.

Cette première version est une version « allégée » ou « remaniée » de l’histoire originale qui est issue d’un comics américain de laquelle elle s’écarte sur plusieurs points importants et même essentiels.

L’histoire des Tortus Ninjas commencent par un accident. Des tortues d’aquarium, inoffensives, se retrouvent dans les égouts après que leur propriétaire les ait fait tomber accidentellement au sortir d’un magasin d’animaux. Ces petites créatures inoffensives sont alors trouvées dans les égouts de New York par Hamato Yoshi, un homme vagabond, qui fut autrefois un élève très doué en arts martiaux. Cet homme très sage et patient avait été chassé de son clan suite à un acte de trahison dont il fut la victime. Son rival, Oroku Saki, un homme impulsif et ambitieux, jaloux de son talent, s’était arrangé pour organiser son éviction du Dojo dans lequel ils suivaient tout les deux les enseignements. Oroku saki souhaitait devenir le maitre de ce lieu, et la sagesse d’Hamato yoshi pouvait nuire à l’exécution de ses plans. Lorsque Hamato Yoshi  trouve ses tortues dans les égouts celles-ci pataugent dans un agent chimique radioactif et fluorescent, le « Mutagen », dont biensur il ignore encore les propriétés. Sans se soucier de quoi que ce soit le vagabond essuie les tortues et touche ce liquide inconnu. Puis peu après, il donne à manger à un petit rat affamé qui passait non loin. Soudain, Hamato Yoshi se rend compte d’un phénomène inattendu : le produit chimique dans lequel les tortues baignaient et qu’il a touché lui aussi, semble provoquer une mutation entre la personne qui le touche et la dernière créature qu’il a touché auparavant. En somme, ce produit toxique à tendance à entrainer une contamination ou un transfert réciproques de certaines propriétés vivantes d’un être sur un autre, et vice-versa. Dans le cas des tortues, étant donné que c’était un être humain qui les avait touchés en dernier, elle se  transformèrent en tortues de tailles humaines et doués de paroles. Elles ont grandi prématurément pour devenir des adolescents tortues-mutants, amateurs de pizzas toujours plus originales quant à leurs recettes, grands farceurs, mais frères d’armes-experts en arts martiaux et toujours prêts à défendre héroïquement les innocents. Dans le cas de Hamato Yoshi hélas, le dernier être vivant qu’il avait touché était le rat ce qui le transforma en un Rat de taille humaine. Les Tortues Ninjas, fils adoptifs de Hamato Yoshi lui donnèrent le nom de « Splinter », en référence à sa capacité à tailler ses ennemis en pièces (en anglais to splinter signifie « séparer », « casser en petits morceaux »). Dans le dessin animé, le surnom provient de la faculté qu’a Yoshi à casser des planches de bois lors de ses entraînements. « Maire Splinter » et décida de donner un prénom à chaque tortue, à partir des artistes qu’il appréciait particulièrement. Il les nomma Léonardo, Raphaël, Michelangelo et Donatello et leur enseigna alors ce qu’il avait appris de la discipline du Ninjutsu. Dans la série « les Tortues Ninja », les « Tortues » n’ont de cesse de combattre le mal et de porter secours à la belle April O’Neil prisonnière des griffes du méchant et terrifiant Oroku Saki devenu « Shredder » (l’ouvre-boite), le leader charismatique d’un Gang de rue appelé le « clan des Foot » (l’emblème est une empreinte de pied). Je collectionnais déjà à l’époque les images autocollantes « Panini » des Tortues Ninja que je pouvais  regarder des heures durant, lisant les commentaires, souhaitant avoir de nouvelles images à coller, et hésitant toujours quant à ma Tortue préférée. Cet album d’images autocollantes était pour moi un support d’imagination car il me rappelait les livres de décalcomanie que j’avais eu plus jeune. Je regardais alors les images que j’avais collé au bon endroit et en respectant autant que faire se peut les contours de leur cadre d’emplacement, tout en m’imaginant ce qui pouvait bien se trouver à la place des cadre encore vides. Et je rêvais naturellement de pouvoir rapidement posséder de nouvelles images à coller. Bien sur, j’aimais Léonardo car c’était le chef et l’élève le plus sage, le plus prometteur et le plus doué de la fratrie, le seul à pouvoir véritablement tenir un peu tête au vieux maitre en entrainement au combat. Je l’aimais aussi parce qu’il avait deux sabres Katana comme armes. Léonardo incarnait alors le rôle du fils le plus proche des enseignements et de la voie de son maitre, aspirant à une sagesse le poussant davantage à méditer et réfléchir qu’à foncer dans la mêlée pour se battre. Mais j’aimais aussi le caractère de Raphaël, leader du groupe dans de nombreuses situations, sarcastique, très habile et plus mature parfois que ces confrères. J’aimais bien ces couteaux Saï même si leur petite portée et leur apparence inhabituelle (semblable à de grandes fourchettes rudimentaires) me plaisait moins que les longs sabres de Léonardo. Michelangelo me plaisait aussi car il était le farceur de la bande, toujours prêt à rigoler, et surtout il était un cuisinier hors-pair, inventant toujours de nouvelles recettes de Pizza. De plus, sous son apparente immaturité, et ses postures d’adolescent, il s’agissait d’un maitre dans le maniement de ses Nunchakus. Enfin, j’aimais aussi particulièrement Donatello en raison de son intelligence supérieure, de sa capacité à apprendre toujours de nouvelles choses et à les mettre en application par la suite, notamment de son génie en termes de nouvelles inventions technologiques. Il était toujours très en avance au niveau bricolage et développait de nouveaux objets technologiques régulièrement. Je pouvais ainsi jouer à être alternativement et successivement l’une ou l’autre des tortues, mimant simplement, ou m’aidant d’objet pour simuler leur armes.

Plusieurs observations peuvent être faites au sujet de cette première version :

Tout d’abord, pour des êtres anthropomorphiques, les Tortues Ninjas sont « nues » à ceci près qu’elles portent toutes une sorte de ceinture leur permettant de ranger leur armes et qu’elles sont « habillées » de rubans ou de bandeaux de couleurs autour de leurs articulations (aux coudes, aux genoux et aux poignets) ainsi que sur les yeux : bleu pour Léonardo, rouge pour Raphaël, orange pour Michelangelo, et violet pour Donatello.

Leur habillage rudimentaire en apparence s’explique par le fait qu’elle porte une carapace qui leur sert de manteau, de protection comme bouclier et comme espace de rangement. Bien qu’elles soient devenus des êtres « humains », les Tortues Ninjas ont conservé leur héritage d’animaux notamment à travers la très forte résistance de leur carapace qui les rendent presque « invulnérable de dos » ou encore à travers leur faculté de rentrer leur tête dans leur carapace pour éviter une attaque.

Nous pouvons donc repérer une particularité dans leur « peau d’écailles » qui présentent des différences de consistance et d’épaisseur et ajouter que leur « habit » fait donc partie de leur schéma corporel.

Outre le caractère étrange de leur « vêtement », nous pouvons remarquer que les seules parties de leur corps « couvertes » sont leurs articulations, ce qui est plutôt inhabituel, tant ce type d’habillage est minime et potentiellement inconfortable.

Au-delà de cet aspect atypique de leur habillement, ce sont donc des « Ninjas » nus, ce qui est contraire au principe de l’invisibilité des Ninjas. Seul le ruban de couleurs « masque » leur visage et rappelle la filiation au Ninja qui ne doit pas être « démasqué » sous peine de déshonneur. Avec leur carapace et leurs rubans de couleurs, ces tortues sont donc très « voyantes » pour des individus censés se cacher et maitriser l’art de passer inaperçu. Même lorsqu’elles « sortent » des égouts pour aller à « l’extérieur », elles se couvrent de façon étrange : chacune revêt un chapeau et une sorte de gabardine de couleur identique. Ce qui leur donne une apparence digne d’un « détective privé » les rendant du coup tout à fait « suspectes » dans la rue, à quatre habillées de manière totalement similaire, malgré l’indifférence manifeste des passants.

Ensuite, ce qui m’a semblé plus tard intéressant dans les Tortus ninjas, mais qui parfois m’a déplu lorsque j’étais jeune enfant, c’est que les tortues Ninja ne « gagnent » pas à tous les coups et qu’elles sont souvent essuyé des défaites dont elles ont su apprendre quelque chose.

Un autre point concerne le caractère quasi-spontané de la transformation. Ici les différents personnages transmutent presque instantanément sous l’effet du produit de mutation, faisant de Hamatoyoshi un rat géant et des tortues des adolescents mutants.

Enfin, il est intéressant de remarquer que cette première histoire des tortues Ninjas mettait l’accent sur un côté plutôt parodique de certaines situations avec un côté plus de « comédie » et d’exagération de situations potentiellement drôles, inspiré d’une volonté de mettre en récit une histoire pourtant tragique avec, au premier plan, la question d’un accident chaotique, de la transformation/maturation accélérée ainsi que de la filiation. La plupart des personnages ayant « muris », ou s’étant transformés rapidement présentent la particularité d’être rebaptisés, renommer et inscrit dans une nouvelle lignée générationnelle. Cette ré-affiliation s’est faite par le toucher, par le contact, avec un liquide étranger pouvant faire penser à une semence radioactive et a priori nocive pour la vie puisque créant des mutations. Il s’agit également d’une filiation réciproque puisque ce sont les Tortues qui choisissent le Nom de « Splinter ». Splinter renvoie à une lettre près à Split en anglais, c’es-à-dire à séparer. Ceci rejoint la question de la filiation puisque tout sépare Splinter de ses fils adoptifs les Tortues. En effet, cette filiation est manifestement « contre-nature » ou « impossible » puisque Hamatoyoshi est un être humain, un mammifères supérieur tandis que les tortues sont des animaux, appartenant à un ordre de reptiles ovipares. Il s’agit ici d’une filiation tout à fait symbolique puisqu’aucun lien ne lie Hamatoyoshi et les Tortues, hormis le fait d’être « tombés » bien bas, dans la disgrâce et les égouts.

Deuxième version de l’histoire : un aspect plus sombre et dramatique

Derrière cette version adaptée à la télévision française, et notamment rendues moins violentes pour être diffusable auprès d’un jeune public, j’appris bien plus tard que l’histoire des Tortues Ninjas était inspirée d’un comics américain beaucoup plus sombre et violent qui présente des différences significatives quant à l’origine ou aux caractères des personnages au point d’inspirer une autre « lecture » de cette histoire.

On retrouve cette version de l’histoire dans la toute première adaptation cinématographique  Les Tortues Ninjas (Teenage Mutant Ninja Turtles, Steve Barron, 1990).

Tout d’abord, concernant le Maitre Hamato Yoshi, l’histoire raconte qu’il élevait un animal de compagnie, un rat en cage, qu’il nommait Splinter. Il est dit que c’est en voyant son Maitre s’entrainer tous les jours, que ce rat appris le Ninjutsu par mimétisme, en l’imitant et en effectuant à son tour, les mouvements corporels qu’il observait de la part de son Maitre.

A New York, Hamato Yoshi est assassiné par son rival. Durant cet acte de traitrise, la cage du rat tombe et s’ouvre, ce qui lui permet de s’échapper. Voyant son Maitre en mauvaise posture, le rat se jette au visage de l’assassin et le griffe au visage, laissant alors une marque qui lui permettra de se retrouver nez-à-nez avec le meurtrier bien des années plus tard.

Après quoi le rat Splinter se réfugie dans les égouts. Quelques temps plus tard, Splinter découvre par hasard quatre bébés tortues tombés par accident et qui baignent dans un produit étrange ayant des propriétés mutagéniques. Les prenants en pitié, le rat les tire du liquide et les recueille, au prix de s’exposer lui aussi aux effets du produit. C’est alors que sous l’effet de cette substance non-vivante mais favorisant le développement du vivant, les cinq animaux mutèrent rapidement jusqu’à développer un aspect anthropomorphique (à ceci près que l’on ne peut pas distinguer leur sexes), ainsi qu’une intelligence et une dextérité humaine. Splinter qui a sauvé ces tortues devient leur père adoptifs qu’il va élever et entrainer aux arts martiaux, en leur transmettant à son tour ce qu’il avait appris de son Maitre Hamatoyoshi. Cette discipline vise à apprendre à ces « teenagers », ces adolescents mutants, à survivre à un environnement hostile qui n’acceptera jamais leur existence et leur différence.

Splinter découvre alors un livre sur l’art de la « renaissance », qui lui inspire les prénoms de ces quatres fils adoptifs qu’ils nomment ainsi Léonardo, en référence à Léonard de Vinci, Raphaël en mémoire de Raffaello Sanzio, Michelangelo en souvenir de Michel-ange, et Donatello pour Donatello di Niccolò di Betto bardi (dit Donatello).

Les Tortues développent alors une affinité pour un type d’arme identique à ce que l’on rencontre dans la version pour la télévision, à ceci près qu’elles portent des bandeaux sur leurs articulations ainsi que sur les yeux de couleurs identiques, le rouge.

Plusieurs observations peuvent être faites au sujet de cette deuxième version :

Tout d’abord, il faut remarquer qu’à la différence de la première version de l’histoire, la version originale présente une différence notable concernant l’origine des différents personnages.

La « chute originelle » n’est  pas un accident et un acte de traitrise et de rejet mais bien un acte meurtrier : quelqu’un est tué. Dans cette version, Splinter et les Tortues Ninjas sont au commencement des animaux, ce qui n’est pas le cas dans la version télévisuelle. Splinter n’étant pas un être humain au commencement de l’intrigue, il n’est pas possible de déterminer qui des Tortues ou de Splinter, au cours de cette « renaissance », est dans une place de Père, si ce n’est ce qui fait de Splinter celui qui « sait », celui qui possède le savoir d’HamatoYoshi.

Cette question de l’indifférencié se retrouve notamment dans le fait que les Tortues ne soient pas différenciable par un code de couleur puisqu’elles portent toutes des rubans rouges. Il est donc impossible de les distinguer au premier abord. Concernant le savoir, il a été acquis par mimétisme, par accordage entre ce que le rat Splinter, un rat en cage, à appris de l’observation de la gestuelle de son propriétaire. C’est ce qui semble placer Splinter dans une position de Père. Ensuite, les mutations et la croissance des personnages sont beaucoup plus lentes que dans la version du dessin animé.

Troisième version de l’histoire : retour aux origines de la série

Il s’agit de l’histoire du comics orignal que l’on retrouve notamment dans la série animé reprise en 2003.

Dans cette histoire alternative, Splinter était l’animal de compagnie de Hamato Yoshi, un Ninja vivant au Japon. Splinter n’était pas un rat ordinaire puisqu’il avait des facultés exceptionnelles lui permettant d’apprendre l’art de son Maitre par mimétisme lorsqu’il l’observait s’entrainer.

Au sein de son clan, Hamato yaoshi avait un rival redoutable du nom de Oruku Nagi avec lequel il se mesurait dans tous les domaines. Cette rivalité allait jusqu’à la question de l’Amour, puisqu’ils étaient tous deux dans le désir d’obtenir l’Amour d’une femme Tang Shen. Finalement, cette dernière jeta son dévolu sur Hamato Yoshi, ce qui rendit Oruku Nagi fou de colère et le poussa à frapper la jeune femme. Hamato Yohsi s’interposa, et laissant la rage l’envahir, tua son rival. Hamato Yoshi et son bien aimé se sont alors enfuis du Japon pour arriver à New York. Là, ils furent poursuivis et assassinés par le frère de Oruku nagi, appelé Oruku Saki, devenu alors le terrible Shredder.

Depuis, l’assassinat de son Maitre, Splinter, devenu orphelin, se refugia dans les égouts de la ville. C’est alors qu’il vit un jour une capsule de produits chimiques s’échapper d’un camion. La capsule frappa un homme en plein visage alors qu’il venait d’aider un aveugle en l’empêchant de se faire écraser par ledit camion. En retombant, la capsule entra en collision avec l’aquarium d’un jeun garçon contenant quatre bébés tortues. La capsule fêlée, les tortues tombèrent dans les égouts ou Splinter les recueillit, s’exposant alors lui-même aux produits mutagen. Ave le temps, la substance inconnue engendra des effets mutatifs chez Splinter et les quatre Tortues, leur donnant, la forme, la taille et l’intelligence d’un être humain. Splinter baptisa les quatre Tortue d’après les noms de ses artistes préférés de la renaissance Leonardo, Raphaël, Michelangelo et Donatello. Il décida alors d’enseigner l’art du Ninjutsu à ces fils adoptifs pour qu’ils puissent un jour venger la mort de son Maitre en tuant Shredder.

Après une longue vie, Splinter meurt vraisemblablement d’une crise cardiaque, donc d’un problème de cœur.

Plusieurs observations peuvent être faites au sujet de cette troisième version :

Dans cette version originale issue du Comics, le ton est beaucoup plus sombre et dramatique. La rivalité, la trahison, la vengeance et la filiation sont au premier plan. A noter qu’il s’agit de la seule version qui introduit une dimension amoureuse et la présence d’une femme qui fera écho dans l’histoire des Tortues Ninjas, avec la présence de la Jeune April O’neil.

Au sujet des Tortues Ninjas :

Quelques soit la version de l’Histoire, nous pouvons remarquer qu’il s’agit de quelque chose en lien avec la filiation, une filiation par essence impossible, si ce n’est que par le recours à un symbole, notamment par la transmission d’un savoir. Que l’on soit dans la version du dessin animé ou dans la version « originale » du comics, ce qui fait filiation, entre des êtres par essence de leur espèce différents, c’est un savoir, notamment un savoir mimogesturopostural.

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